Aide les patients à reprendre le contrôle

Les maladies rhumatismales sont associées à de nombreuses affections du système musculo-squelettique, affectant parfois d’autres organes tels que les reins, la peau ou les poumons. Ils peuvent être débilitants et douloureux. Comment les traiter ? Entretien avec Laura Brülhart, chef du service de rhumatologie à l’hôpital de Neuchâtel (HNE).

Maladies rhumatismales, maladies de la vieillesse ?

Beaucoup de gens croient à tort que les rhumatologues ne voient que les personnes âgées. Si les maladies dégénératives telles que l’arthrose ou l’ostéoporose sont effectivement associées au vieillissement, les maladies auto-immunes et inflammatoires de l’appareil locomoteur touchent majoritairement les patients jeunes. Les enfants peuvent aussi être touchés, c’est pourquoi l’hôpital Pourtalès de Neuchâtel est consulté deux fois par mois par un rhumatologue du CHUV. Ces conditions sont associées à un trouble du système immunitaire.

Les maux les plus courants de vos patients ?

Exactement deux maladies inflammatoires, la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite. Le premier, qui survient généralement entre 40 et 60 ans, détruit progressivement les articulations, tandis que le second touche la colonne vertébrale des personnes de moins de 40 ans. Ils peuvent affecter d’autres zones du corps, il est donc important de commencer un traitement adéquat dès que possible. Ceci est particulièrement important dans la polyarthrite : plus le délai entre l’apparition des symptômes (douleurs et raideurs inflammatoires à la montée, qui s’atténue au cours de la journée ou gonflement des petites articulations des mains) et le début du traitement est court, mieux les articulations peut être ralenti. destruction. L’inflammation et la douleur peuvent être supprimées dans la plupart des cas. Nous essayons également d’empêcher d’autres organes d’être touchés. Les organes “non articulaires” touchés, comme les poumons ou les reins, conduisent souvent à un traitement conjoint par plusieurs spécialistes.

Quel accompagnement proposez-vous ?

Le service de rhumatologie propose des services ambulatoires à l’hôpital de La Chaux-de-Fonds, mais nous sommes également présents un jour par semaine à Couvet et deux matinées à l’hôpital de Pourtalès. Si nécessaire, nous visitons les personnes hospitalisées. Lors de la consultation, nous laissons du temps à l’anamnèse pour permettre au patient de préciser les symptômes. Le patient est ensuite examiné dans son ensemble pour établir une hypothèse diagnostique qui sera étayée par des examens complémentaires (prise de sang ou imagerie). Nous avons également la possibilité de réaliser des échographies des articulations. L’imagerie nous permet de faire un diagnostic plus précoce. Il est non invasif et nous aide à surveiller les maladies inflammatoires et à étudier les problèmes locorégionaux. Si nous trouvons du liquide dans l’articulation, nous pouvons effectuer une ponction immédiatement. L’analyse des échantillons nous dira si le problème est causé par l’arthrose, l’inflammation, l’infection, les cristaux (goutte).

Comment travailles-tu?

En plus de mon poste, le service compte deux gestionnaires cliniques et un médecin assistant en formation. Nos soins sont souvent interdisciplinaires. Nous travaillons beaucoup en interaction avec les ergothérapeutes. Des protocoles ont été instaurés avec eux. Nous travaillons avec des physiothérapeutes pour aider les patients à retrouver leur mouvement. L’objectif est de les aider à retrouver leur autonomie et à reprendre le contrôle de leur vie. Une collaboration a également été établie avec des infirmières qui accompagnent les patients dans la prise en charge de leur traitement immunosuppresseur et la connaissance de leur maladie. Enfin, les maladies rhumatismales ont souvent un impact sur le moral. Dans ces cas, nous pouvons inviter un psychiatre de liaison pour les accompagner.

Cependant, le médecin généraliste reste le guide du traitement global. De mon point de vue, le rôle du spécialiste est de le soutenir dans le diagnostic et le traitement des maladies du système musculo-squelettique. Un suivi ciblé dans les rhumatismes inflammatoires chroniques me semble important aussi car les maladies inflammatoires auto-immunes sont compliquées et les outils thérapeutiques sont nombreux. Deux ou trois nouveaux traitements sont lancés chaque année ! Les recommandations de gestion sont régulièrement mises à jour.

C’est souvent une maladie de longue durée…

Comme le diabète, les patients doivent apprendre à vivre avec des maladies auto-immunes, qui sont souvent de nature chronique. Il en va de même pour les problèmes mécaniques dégénératifs : on cherchera un équilibre qui permettra à la personne atteinte de continuer sur la voie de faire face à la maladie. Par exemple, je l’aiderai à reprendre l’équitation si c’est une activité qu’elle apprécie beaucoup : un logement peut être trouvé même si la maladie persiste. Nous fixons la prise en charge car ces maladies ont un impact sur la qualité de vie. C’est rare que je ne puisse rien offrir au patient !

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