Aspartame, sucralose… La consommation d’édulcorants augmenterait de 13 % le risque de cancer – Dérogation

La nourriture, une recette pour tout changerlogement

Une nouvelle étude confirme que plus la consommation d’édulcorants est élevée, plus le risque de cancer est élevé. Le problème, c’est que ces ingrédients synthétiques sont largement utilisés dans l’industrie alimentaire et se retrouvent partout, des produits laitiers aux gâteaux industriels en passant par les chips.

Qui n’a jamais hésité à troquer son soda ou yaourt préféré contre une version léger“léger”? Si l’on connaît les effets dévastateurs du sucre sur la santé – obésité, diabète, cholestérol, maladies cardiovasculaires ou encore hypertension – les conséquences de la consommation d’édulcorants sont encore mal documentées. Or, ces sucres contrefaits majoritairement synthétiques sont massivement utilisés par l’industrie agroalimentaire pour offrir une alternative, souvent moins calorique, au sucre conventionnel.

Charlotte Debras et Mathilde Touvier, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), publient ce jeudi une étude inédite comparant les risques encourus par les gros consommateurs d’édulcorants. “Ceux qui sont au-dessus de la consommation moyenne [17,44 mg /journée pour les hommes et 19 mg /jour pour les femmes, ndlr] ont un risque accru de cancer de 13% par rapport aux non-utilisateurs “ résumé avec Libérer Mathilde Tovier.

L’aspartame, l’acésulfame K et le sucralose étaient les plus récurrents, selon Mathilde Touvier. Quels produits en contiennent le plus ? Pas étonnant : limonades, sucreries et produits laitiers. Cependant, on le retrouve également dans les produits salés comme les chips aromatisées. Pour la stévia, un édulcorant naturel, il est impossible de faire la même analyse car sa consommation est trop récente et sporadique. “Nous manquons encore de recul pour voir un lien possible avec le développement d’un cancer”,dit Mathilde Touvier.

Cancer du sein et cancers liés à l’obésité

L’étude a été lancée en 2009 et a suivi en 2021 un panel de plus de 100 000 personnes (dont 78% de femmes) d’une moyenne d’âge de 42 ans. “Le résultat de notre enquête ne se veut pas un portrait de la consommation d’édulcorants en France, mais plutôt une comparaison entre différents consommateurs.” justifie Mathilde Touvier.

Les participants ont enregistré tout ce qu’ils ont mangé pendant trois jours lorsqu’ils se sont inscrits à l’étude, puis à nouveau tous les six mois. « Les données sont très détaillées, nous avons des noms de marque et des produits acceptés. Avec la liste des ingrédients, nous avons pu quantifier l’exposition aux édulcorants. »

Si le résultat sort aujourd’hui, c’est que l’étude s’inscrivait dans la durée : “Nous avions besoin d’avoir une certaine perspective entre l’exposition aux édulcorants et le potentiel de tumeurs.”Si nous devons nous préoccuper de tous les cancers, le cancer du sein et les personnes obèses sont les facteurs de risque prédominants. cancer du sein est la plus représentée dans notre étude car elle est plus fréquente chez les femmes. Attention, cela ne signifie pas que les autres sites ne sont pas en danger. Nous avons juste moins de données.”précise Mathilde Touvier.

Des recherches antérieures sur ce sujet ? “Controversé” répond le scientifique. “Les études étaient expérimentales, sur des animaux ou sur des modèles cellulaires.” Si les scientifiques tirent la sonnette d’alarme depuis quelques années, le manque de données humaines l’empêche de fixer des règles précises. “C’est la première fois que l’exposition aux édulcorants est quantifiée par leur type. Par conséquent, nous les avons analysés lorsqu’ils étaient suffisamment consommés par nos participants pour pouvoir les étudier de manière indépendante.

Comment éviter les édulcorants ?

L’effet des édulcorants est en cours d’examen par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). “Les autorités s’appuient sur la littérature scientifique pour la réglementation. Notre étude apporte une nouvelle pierre à la construction et nous espérons qu’elle sera prise en compte dans la nouvelle réglementation.Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats : des études épidémiologiques mais aussi expérimentales pour connaître le véritable lien de causalité entre les édulcorants et le cancer.

En attendant, les recommandations du ministère de la Santé sont simples : il faut faire de son mieux pour éviter de consommer des aliments ultra-transformés, souvent bourrés d’ingrédients synthétiques. “Dès que nous voyons ‘E quelque chose’ [les numéros précédés de E sont les codes numériques pour nommer les additifs alimentaires, par exemple E951 pour l’aspartame] dans la composition, on ne prend pas. Tu ne dois pas tomber là-dedans psychosemais dès qu’apparaîtra un ingrédient inconnu qu’on ne peut pas nommer, on réduira” conseille un expert.

Alors vaut-il mieux consommer du sucre ou de l’édulcorant ? “Nous voyons un lien significatif entre le sucre et le cancer et l’édulcorant et le cancer. Nous devons donc limiter les deux jusqu’à ce que la recherche affine la gradation des risques.La meilleure solution est de se débarrasser enfin de la dent sucrée, surtout pour les plus petits. En même temps, il favorise un apport naturel en sucre, comme les fruits.

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