Biomédecine : la bataille des génériques

C’est un petit séisme dans le monde des associations de malades traités par la biomédecine, ces grosses molécules s’administrent par injection. Ces dernières années, des représentants de patients ont défendu “leurs” traitements originaux contre le diabète, les maladies rhumatismales ou certains cancers. Ils s’opposent à la volonté des pouvoirs publics d’accorder aux pharmaciens le droit à une indemnisation pour les « biosimilaires » après l’expiration des brevets industriels. Mais voilà que certaines lignes bougent : l’Association française de lutte contre les rhumatismes (Aflar) s’est engagée à défendre ces génériques de la biomédecine. En février, l’Observatoire national lancera les biosimilaires sur Internet, ce qui, espère-t-il, suscitera un débat sur leur intérêt et leur place.

“En France, les biosimilaires ont du mal à entrer dans le milieu de traitement, souvent par manque d’information”, explique Isabelle Alliot, vice-présidente de l’Aflar. Elles peuvent bénéficier aux patients, notamment en enrichissant l’arsenal thérapeutique et en faisant prendre conscience aux patients que leurs coûts sont moindres pour la société. entre les mains des médecins, pour confier aux pharmaciens le soin d’introduire des copies moins chères. “Il s’agit d’impliquer tous les acteurs et notamment le couple médecin généraliste-pharmacien”, explique-t-il.

Des médicaments 20 à 40% moins chers

L’autorisation du premier biosimilaire sur le marché européen remonte à 2006, et depuis, les hormones et autres anticorps monoclonaux ont perdu leurs brevets. Mais la France fait pâle figure face à des pays comme l’Allemagne ou la Suède, qui ont déjà opéré un remplacement vertueux de leurs comptes sociaux. Car, même s’ils restent souvent chers, les traitements biosimaux sont en moyenne 20 à 40 % moins chers que les originaux. En 2017, la Cour a révélé une « source d’économies à exploiter », estimée à 680 millions d’euros par an. La veine n’a pas échappé aux hôpitaux et aux cliniques, qui ont longtemps été valorisés notamment sur l’oncologie.

Le droit de substitution aux médicaments vendus en pharmacie a été voté en 2014, mais le règlement d’application n’a jamais vu le jour et le dossier est resté bloqué. “Les discussions ont porté sur la manière d’assurer la traçabilité, d’informer les patients, mais il n’y a jamais eu de consensus”, a déclaré Catherine Bourrienne, secrétaire générale de Gemme, un lobby des fabricants de génériques. Pour Alain Astier, professeur émérite de pharmacologie et membre de l’Académie nationale de pharmacie, qui a rendu un avis favorable à la substitution l’an dernier, ces obsèques silencieuses n’ont rien de « surprenant ». Ce connu des coulisses de l’industrie pharmaceutique assure que l’industrie pharmaceutique mène une fronde furieuse contre les biosimilaires.

Lire aussi – Minute Pharma : un pari réussi sur la livraison de médicaments à domicile

Première bataille de mots : “Le terme ‘biosimilaires’ prête à confusion”, dit-il, tandis qu’un autre spécialiste rappelle qu’au début du XXe siècle, la Commission européenne parlait de ‘biogénériques’ avant le terme, plus positif ou gommé, sous le Grand Le “battement sémantique” du sperme. . Donc une campagne scientifique. “Des centaines d’articles scientifiques synthétisés dans des méta-analyses ont montré que ces produits sont aussi efficaces que la biomédecine”, s’agace Astier.

La communauté scientifique s’est scindée en génériques

En 2019, une étude de l’Agence européenne du médicament affirmait qu’aucun danger n’avait été identifié en dix ans. Cependant, certains acteurs industriels sèment le doute dans leurs positions publiques. “Les médecins de certains labos m’ont dit que c’était dangereux pour les patients”, raconte Alain Astier. Un article paru l’an dernier dans le magazine BioDrugs détaille le processus de “salissure” et de “désinformation” à l’oeuvre aux Etats-Unis et en Europe. C’est finalement une guerre de position. “Des laboratoires connus du marché et des prescripteurs depuis vingt ans”, précise Catherine Bourrienne de Gemme. Il faudrait une action vigoureuse des pouvoirs publics pour changer les choses. »

A lire aussi – Manque de médicaments : une bombe médicale

À l’automne 2019, le droit de substitution a été supprimé. Selon l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, “repartir d’une page blanche”. Son successeur Olivier Véran l’écrira-t-il ? En tout cas, il s’est engagé à entrer en consultation en assurant que si le dossier était “retardé”, c’était “en raison d’une crise virale”. L’avenir dira si l’après-pandémie et la fin du “quoi que ce soit” remettront le contrôle des prix sur le devant de la scène.

Leave a Comment

%d bloggers like this: