Comment la numérisation et le partage de données renforcent-ils les systèmes de santé européens ?

La pandémie de Covid-19 a conduit à des avancées spectaculaires dans la technologie des vaccins. Mais elle a également souligné l’importance du partage d’informations.

L’échange et l’accès aux informations cliniques peuvent être cruciaux pour fournir les soins nécessaires aux patients. La numérisation et le partage des données sont également devenus des outils essentiels des systèmes de santé publique.

L’Union européenne va dans ce sens. Elle vient de lancer l’Espace européen des données de santé, qui sera déployé au cours des prochaines années. mais qu’est ce que c’est exactement?

Le début de l’ère européenne de la santé numérique

Il s’agit d’une base de données interconnectée qui vise à faciliter l’accès aux informations sur la santé des patients et à assurer la continuité des soins lors d’un voyage dans un autre pays européen.

L’échange d’informations est au cœur de l’espace européen des données de santé et est régi par la législation nationale et européenne en vigueur.

Cet espace de données partagé permettra des soins plus efficaces aux patients et une meilleure capacité de diagnostic. Il aidera également la recherche scientifique et les entreprises européennes à développer des soins de santé, des installations et des services sur mesure.

Enfin, le partage des données permettra de développer une politique de santé plus efficace.

Dans le cadre de l’actuelle directive sur les soins de santé transfrontaliers, les États membres travaillent ensemble par le biais d’un réseau de volontaires rassemblant les autorités nationales responsables de la santé en ligne. La Commission a mis en place l’infrastructure MyHealth @ EU pour faciliter l’échange transfrontalier de données de santé.

L’exemple portugais

La numérisation des systèmes de santé s’est accélérée dans plusieurs pays de l’Union européenne au cours des deux dernières années.

Le Portugal est le leader dans ce domaine. Le ministère portugais de la Santé a nommé un bureau informatique pour effectuer la transition numérique.

“Pour les données numériques, nous voulons que les données collectées servent l’ensemble du système, générant ainsi les informations qui alimentent cet appareil. Cela se produit à différents niveaux au Portugal ; aujourd’hui, nous avons des données cliniques à partir d’informations médicales concernant chaque utilisateur.” explique Luis Filipe Goes Pinheiro, président du conseil d’administration de SPMS.

Le Portugal a pratiquement abandonné les recettes papier. Actuellement, environ 98 % des hôpitaux du pays fournissent des ordonnances numériques.

Les dossiers médicaux sont stockés en ligne. Les patients ont accès à leurs informations de santé via un site internet et une application smartphone, où ils peuvent également profiter d’une consultation médicale.

La même application permet également aux patients de contacter le centre de contact du ministère pour des questions générales. En plus du portugais, les réponses peuvent également être saisies en anglais et en langue des signes. Depuis le début de l’année, plus de 4,5 millions de Portugais se sont tournés vers le service.

L’intelligence artificielle utilise également le partage de données pour assister les professionnels de santé dans des opérations telles que le tri des patients et la prescription de traitement.

“Nous aidons les médecins et les utilisateurs à prendre des décisions sur les pathologies qu’ils peuvent avoir et qui peuvent être plus facilement détectées grâce à ces mécanismes d’intelligence artificielle.” déclare Pedro Marques, coordinateur de la gestion des données SPMS.

Progrès allemands en matière de santé numérique

En Allemagne, la santé numérique a fait des progrès significatifs grâce à un système d’applications appelé DiGA (Digital Health Apps).

Dans un cabinet médical à Bottrop dans le nord-ouest du pays, des médecins prescrivent des applications de médicaments à leurs patients.

Les utilisateurs peuvent les télécharger sur leur smartphone, tablette ou ordinateur. Les frais de dossier sont même pris en charge par la sécurité sociale allemande.

Ces applications couvrent les maladies et les problèmes de santé allant du cancer et des maladies cardiovasculaires aux migraines chroniques et à la dépression.

« Il existe des exemples concrets d’utilisation de ces applications, par exemple dans la migraine, la perte de poids ou les acouphènes, on peut bénéficier d’un accompagnement en dehors du cabinet du médecin généraliste. On peut obtenir de la documentation, mais aussi aider à aggraver un problème de santé afin que le patient n’est pas laissé seul.” explique Sami Gaber, médecin du Gaber Medical Center.

La création d’un espace européen des données de santé représente une révolution de la médecine et ouvre une nouvelle ère de coopération. Les États membres de l’UE travaillent actuellement sur des règles communes pour garantir le partage sécurisé de ces données.

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