Covid-19 et l’odeur : le lien avec les hallucinations olfactives ?

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, de nombreux patients se plaignent de pertes olfactives. Ce anosmie est un symptôme très courant qui survient généralement dans les trois premiers jours suivant l’infection.

Combien de personnes sont concernées par les troubles olfactifs dus au Covid-19 ?

“Des études scientifiques montrent que plus d’une personne sur deux atteinte du Covid-19 souffre de troubles olfactifs.” observe Camille Ferdenzi, chercheur CNRS au Centre de recherche en neurosciences de Lyon.

Ces troubles olfactifs peuvent être plus ou moins importants selon le variant du coronavirus dans la circulation. Omicron et moi manquons actuellement de regard en arrière. Mais le Dr. Georges Dib, médecin ORL à l’hôpital privé d’Eure-et-Loir-Elsan, note que “70 à 80% de ses patients” s’en plaindre.

Qu’est-ce que l’anosmie ? Qu’est-ce que le fantomisme ?

Parmi ces troubles olfactifs, l’anosmie est la plus fréquente, c’est-à-dire perte totale de l’odorat. Un handicap qui dans la plupart des cas disparaît en quelques semaines. “Nous avons mené une enquête en ligne et recueilli plusieurs milliers de réponses. Elle nous montre que deux tiers des patients retrouvent leur odorat en deux semaines en moyenne. Seuls 5 à 10 % des patients présentent des troubles olfactifs persistants après un an », dit Camille Ferdenzi.

C’est à ce stade de récupération, plus ou moins long selon les cas hallucinations olfactives peut se manifester. Certaines personnes disent qu’elles sentent quelque chose qui n’existe pas vraiment. Les femmes et les personnes âgées semblent particulièrement touchées. Pour comprendre ces fantosmies, il faut d’abord expliquer comment le virus peut perturber le système olfactif.

Pourquoi le coronavirus affecte-t-il l’odorat ?

Plusieurs mécanismes entrent en jeu :

En pénétrant dans les voies respiratoires, le coronavirus provoque une inflammation locale. “Le gonflement ou le gonflement de la muqueuse nasale provoque une obstruction. Les molécules odorantes ne peuvent plus passer », explique le Dr. Dib.

Les troubles de l’odorat peuvent s’expliquer par d’autres modes d’action. “Parce que le virus est très présent dans les voies respiratoires, il s’attaque aux cellules de soutien de l’épithélium olfactif. Il attaque aussi plus profondément les cellules souches, permettant la différenciation des neurones olfactifs par différenciation. » explique Camille Ferdenzi. Même si le nez n’est pas bouché, ces cellules sont si faibles qu’elles ne peuvent plus remplir leurs fonctions : tout le système de captation, de reconnaissance et de mémorisation des odeurs est perturbé.

Pourquoi sentir quelque chose qui n’existe pas ?

le cellules olfactives ils ont une certaine capacité de régénération. De même, les neurones olfactifs impliqués dans la reconnaissance des odeurs se rétablissent progressivement après une attaque virale. Mais pendant cette phase de reprise, toutes ces belles mécaniques ne fonctionnent pas normalement. Et c’est là que les hallucinations peuvent se produire. “Les fantosmies sont souvent associées à la régénération du système olfactif. Lorsque ce système se corrige, des phénomènes anarchiques peuvent se produire et les neurones ne se reconnectent pas normalement. C’est très inquiétant, mais c’est en fait plutôt bon signe. Cela signifie que le système olfactif est en train de se régénérer. Souvent, tout reviendra à la normale, mais cela peut prendre un certain temps.” note le chercheur.

Quels sont les types d’odeurs ?

“Dans notre étude, les patients qui se plaignent de fantosmie signalent souvent des odeurs désagréables. Les odeurs les plus courantes sont les brûlures, comme le grillé ou la fumée de cigarette », souligne Camille Ferdenzi.

Mais il arrive aussi que des patients se plaignent odeurs désagréablestype de fermentation, de déchets ou d’égouts ; ou des odeurs métalliques ou chimiques.

Face à un patient qui se plaint de troubles olfactifs, et notamment d’hallucinations olfactives, le Dr. Dib recommande d’abord un traitement local. “Il s’agit d’une décongestion de la muqueuse nasale à l’aide de corticoïdes, d’antihistaminiques ou d’anti-inflammatoires topiques”, explique.

Si le fantôme persisteDans certains cas, il est possible de tester un neuroleptique qui « calme » d’une manière ou d’une autre les cellules olfactives anormalement stimulées.

La rééducation olfactive est efficace

Lorsque ce traitement médicamenteux ne suffit pas à résoudre le problème, une rééducation olfactive doit être envisagée. « C’est une solution facile à mettre en œuvre et dont on connaît l’efficacité », assure Camille Ferdenzi.

Comment fonctionne la rééducation olfactive ?

Concrètement, le patient s’entraînera tous les jours pendant plusieurs semaines sur recommandation de son médecin ORL ou de son orthophoniste. Il s’agit de stimuler les récepteurs olfactifs en les exposant à des odeurs familières pour réapprendre à les identifier et à les mémoriser. “Commençons par des odeurs fortes comme.” le vinaigrepuis on passe à des odeurs moins fortes comme Café et on continue avec des odeurs plus complexes comme parfums », explique ORL. Il est important de changer de parfum et de ne pas se décourager. Dans la grande majorité des cas de Covid, les CV olfactifs et les hallucinations olfactives disparaissent.

D’autres pathologies provoquent des hallucinations olfactives

Outre le coronavirus, toutes les maladies qui endommagent la muqueuse nasale et les neurones olfactifs peuvent entraîner des troubles olfactifs. C’est le cas par ex. sinusite infectieuse. L’odorat est restauré grâce à des substances anti-inflammatoires locales.

Plus grave, la cause des troubles olfactifs peut être une lésion cérébrale affectant le bulbe olfactif. Cela peut arriver, par exemple, après un traumatisme crânien, une épilepsie ou même la maladie de Parkinson. Grâce à la rééducation olfactive, les chances de guérison varient selon l’étendue des lésions.

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