Crise cardiaque chez les jeunes femmes: avis

En France, En 2021, 16 001 personnes sont décédées d’un infarctus du myocarde, dont 42 % de femmes, selon la santé publique en France. “Cette maladie ne touche plus uniquement les hommes de plus de 60 ans”, précise Johanne Silvain, professeur de cardiologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Alors que nous le savons la probabilité que vous fassiez un infarctus augmente après la ménopause, on observe en parallèle augmenter en maladies cardiovasculaires chez des femmes de plus en plus jeunes. “Quand l’âge d’un infarctus chez l’homme est stable depuis au moins 40 ans, on voit que l’âge moyen chez la femme baisse”, prévient le médecin, membre du groupe de recherche ACTION-coeur.

Le constat a également été fait par l’association Agir pour le Cœur des femmes, qui parle d’une “progrès alarmants”.

Question selon les experts ? Une partie de la génétique, le stress causé par notre mode de viemais aussi un suivi médical insuffisant des femmes encore trop inconscientes des risques qu’elles prennent.

A 17, 27 et 43 ans, nos trois témoins ont eu une crise cardiaque. Pour être prévenus, ils ont accepté de raconter leur histoire.

Anna a eu une crise cardiaque à l’âge de 17 ans. “Ils m’ont d’abord ignorée”

“J’ai toujours été en mauvaise santé. J’étais souvent malade et à chaque fois que je consultais, on me disait toujours que je n’avais rien, que c’était définitivement du stress. Le matin du 1er janvier 2020 J’ai ressenti une forte douleur dans mon bras gauche. Je savais que cela n’avait pas été causé par la fête de la veille, car ma main était déjà douloureuse à ce moment-là, donc je n’ai pas beaucoup apprécié et je suis rentré tôt.

Le lendemain après le réveil, J’ai senti des courants électriques dans mon bras, jusqu’aux aisselles. Une douleur que je n’ai jamais ressentie. J’ai encore dormi jusqu’à trois heures. Quand je me suis réveillé l’après-midi, rien ne me faisait mal. Mais le lendemain matin, la douleur était encore pire.

Des tests sanguins ont révélé une infection cardiaque.

J’ai été admis à l’hôpital Romorantin-Lanthenay, 41 ans, où j’ai été presque ignoré. On m’a dit que “les enfants comme moi qui font semblant” les voient tous les jours. Ils m’ont laissé faire une radiographie de mes poumons sur laquelle il n’y avait rien. Des tests sanguins ont révélé une infection cardiaque.

J’ai été conduite au centre cardiaque d’Orléans (45). Là, on m’a dit que j’avais eu un infarctus du myocarde, mais que j’étais jeune, la lésion dans le tissu cardiaque était petite. J’y suis resté une semaine et j’ai vu un cardiologue différent chaque jour.

Au début, j’ai été maltraité, puis j’ai été réprimandé parce que que j’ai montré ma douleur. Mon dossier a été mal traité. Les jeunes ne sont pas suffisamment pris en compte dans les services d’urgence. »

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Ce n’est que trois semaines avant l’accident que j’ai eu des douleurs tout à fait accidentelles. Que ce soit quand je mangeais, marchais, faisais du vélo… J’ai commencé à avoir de fortes douleurs à la poitrine et une main gauche engourdie. Je me sentais serré, à bout de souffle. Je pleurais.

Je n’avais ni cholestérol ni diabète. Le médecin a regardé mon cœur et m’a dit qu’il n’y avait rien, que c’était probablement dû au stress. Je me suis vraiment senti incompris. Finalement, je me suis demandé si la douleur existait vraiment ou était juste dans ma tête.

Aller se coucher, une douleur intense me transperçait littéralement le dos et la mâchoire. Je me suis senti malade, j’avais des douleurs à l’estomac et des étourdissements. J’ai vraiment pensé que j’allais y aller. Mon ami m’a trouvé inconscient dans la salle de bain. Sam arriva quinze minutes plus tard.

Après l’accident, tout a changé dans ma vie : j’ai un rythme différent, j’ai dû limiter le sport, j’ai du mal à me concentrer…

Puisque nous étions en juin 2021, nous avons suspecté pour la première fois qu’il pourrait s’agir d’un Covid-19. J’avais une pression artérielle basse et j’avais sommeil. Puis les médecins m’ont dit que j’avais un infarctus du myocarde et qu’ils avaient douze heures pour m’opérer.

J’ai été soulagé lorsque le diagnostic a été annoncé. Je pensais que je n’étais pas fou. Parce que mon artère était bouchée, j’ai dû faire un pontage pour retirer le caillot de sang. on m’a demandé et endoprothèsequi est comme un petit ressort que vous insérez dans une artère pour la maintenir ouverte.

À l’heure actuelle, nous ne connaissons toujours pas les causes de cette crise cardiaque. Je suis un cas de recherche et passe régulièrement des examens au Centre Hospitalier d’Urgence de Lille (59). Le médecin a dit que j’étais l’un de ses plus jeunes patients et que je ne rentrais dans aucune case. A tel point qu’ils m’ont donné un traitement comme si j’avais 60 ans, à raison de 10 pilules par jour.

Aujourd’hui ça fait encore mal parfois, mais mes analyses sont bonnes. Après l’accident, tout a changé dans ma vie : j’ai un rythme différent, j’ai dû limiter le sport, j’ai du mal à me concentrer… Mon pire ennemi, c’est la fatigue. Je reprends mon souffle très souvent.

Je ne vis pas moralement dans l’angoisse. relativiser. J’y pense à peine. J’étais très bien entouré.”

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“C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Je fumais, je prenais une pilule, j’étais stressé, mais je m’entraînais beaucoup. Je courais une heure tous les matins. Un jour, j’ai ressenti une douleur dans la poitrine en courant, alors je n’ai pas poussé et je me suis arrêté.

Peu de temps après le retour de la douleur, je me suis inquiété. Je suis allé à l’hôpital Saint-Louis à Paris et la pharmacie m’a dit que ce n’était rien. J’ai même fait un électrocardiogramme : rien.

Un jour, alors que j’étais au bureau, je suis tombé très malade. Mes collègues ont appelé les pompiers que j’avais eu une crise de panique et m’ont conseillé de prendre un sac en plastique et de le faire exploser. Comme j’étais sujette à ce type de crise à l’époque, je savais que ce n’était pas le cas. Après un nouvel appel, les urgences sont arrivées une heure plus tard.

Ils ont fait une prise de sang à l’hôpital Tenon à Paris. C’est alors qu’ils m’ont dit que j’avais fait un infarctus du myocarde. J’avais des douleurs à la poitrine qui me rappelaient en courant quand de l’air frais entrait dans mes poumons.

On m’a fait comprendre que le sport m’avait sauvé la vie. J’ai définitivement arrêté de fumer ce jour-là.

Le cardiologue a endormi mon bras pour dégager l’artère. La douleur s’est envolée. J’étais dans l’unité de soins intensifs pendant trois semaines de plus. On m’a fait comprendre que le sport m’avait sauvé la vie. J’ai définitivement arrêté de fumer ce jour-là.

Je me sentais faible et anxieux. L’assistante sociale m’a recommandé d’aller au centre de rééducation cardio et ça a tout changé. Je me suis calmé, j’ai pu rééduquer mon cœur avec le sport et j’ai repris confiance.

Comme je suis de la DDASS, je n’ai pas eu accès à mon histoire familiale. Au cours de mes recherches, j’ai découvert que certains de mes oncles avaient succombé à un infarctus du myocarde.

Alors quand je suis rentré chez moi, j’avais peur que ça recommence, j’avais peur de monter les escaliers. A la moindre douleur, j’allais aux urgences, j’avais de fréquentes crises d’angoisse.

Aujourd’hui encore, c’est difficile. Je ne peux plus faire de jogging, je me fatigue vite, j’évite toute situation stressante. Il isole, bien sûr. Un traitement à vie me rappelle toujours que la maladie est là, que je ne suis pas guéri. Mais au moins je ne suis pas dérangé par la vanité aujourd’hui. Je vis pour moi.”

Cholestérol, stress, hérédité : causes fréquentes d’infarctus chez la femme

L’L’infarctus du myocarde, qui est l’une des causes de la crise cardiaque, survient lorsque le cœur n’est plus suffisamment oxygéné. Cette crise cardiaque survient lorsque l’une des artères qui l’irrigue se bouche ou subit un rétrécissement de diamètre.

Dans 90% des cas, l’infarctus est causé par une rupture de la plaque d’athérome», explique la professeure Johanne Silvain. Ces plaques graisseuses se séparent de la paroi interne des vaisseaux sanguins et obstruent l’une des artères coronaires, provoquant l’étouffement d’une partie du cœur.

Contrairement à la croyance populaire, une crise cardiaque n’est pas toujours caractérisée par une douleur douloureuse et brûlante dans la poitrine ou le bras gauche. “L’infarctus du myocarde peut durer et provoquer des nausées, des indigestions ou des malaises chez certaines femmes”, détaille la professeure Johanne Silvain.

Si les dépôts de graisse artérielle sont associés à un excès de cholestérol dans l’infarctus du myocarde, d’autres facteurs communs sont d’autres causes, telles que le diabète, l’obésité, l’hypertension, le tabac ou l’alcool.

Dans des cas moins fréquents, on peut aussi citer l’exposition au stress ou la prise de la pilule œstro-progestative comme facteurs de risque potentiels”, assure le Dr. Claire Mounier-Véhier Figaro.

La dernière cause possible et la dernière mais non la moindre génétique. Ainsi, un mode de vie actif et sain ne peut certainement pas protéger contre une telle crise cardiaque. “50% des personnes qui ont fait un infarctus sont congénitales. C’est malheureux”, déplore la professeure Johanne Silvain.

Ainsi, même des jeunes femmes peuvent la rencontrer, surtout lorsqu’un proche (père, mère, sœur, frère) en est victime avant l’âge mûr. “Dans ce cas, il est nécessaire que les femmes soient testées 10 ans avant l’âge auquel leurs parents diagnostiquent. Car la rupture de la plaque d’athérosclérose survient généralement dix ans avant l’infarctus. »

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