Dysphonie : comment la traiter ?

Publié le

en coopération avec

Dr Stéphane Hervé (médecin ORL et chirurgien cervico-facial)

La dysphonie est une altération anormale de la voix, aiguë ou chronique, aux origines multiples. Le bon traitement, c’est avant tout identifier la cause qui est en cause. » Stéphane Hervé, médecin ORL et chirurgien cervico-facial, explique pourquoi ce changement de voix ne doit pas être négligé.

qu’est-ce que c’est exactement

La dysphonie est un trouble de la voix qui se traduit par une modification de sa hauteur, de sa couleur et de son intensité. Une voix étouffée, rauque, chuchotée, rauque, rauque, ou presque inaudible, la voix n’est plus aussi claire qu’avant. Cette manifestation peut être aiguë ou chronique et survient à tout âge. “Enfants, femmes, hommes, seniors, la dysphonie peut toucher tout le mondeexplique le Dr. Stéphane Hervé. Cependant, il ne faut pas le confondre avec l’ajustement naturel de la voix qui se produit avec l’âge. Avec l’âge, la muqueuse change et vibre moins. La voix monte moins dans les aigus, ce qui oblige notamment les chanteurs à s’entraîner davantage. » La dysphonie non naturelle peut survenir progressivement ou du jour au lendemain. Cela traduit un problème au niveau des cordes vocales, qui sont deux ligaments mobiles placés dans une boîte cartilagineuse cervicale appelée le larynx.

Quelles sont les causes de la dysphonie ?

Il existe différents types de dysphonie, plus ou moins bénignes, selon la cause du trouble.

La dysphonie peut être causée par :

  • Psychosomatique ou psychologique : apparition soudaine d’une aphonie totale. Mais aussi « pitiatique », après un choc émotionnel ;
  • Spasmodique: dommages aux muscles qui affectent le larynx, le pharynx ou les cordes vocales;
  • Fonctionnel: pour les personnes qui criaient ou chantaient trop et forçaient donc leur voix avec précision ;
  • Neurologique : blessure crânienne ou cervicale;
  • Lésion: lésions des cordes vocales (noeud, polype, hématome, etc.) ;
  • Articulaire: blocage du muscle cricoaryténoïde (par exemple dans la polyarthrite rhumatoïde) ;
  • inflammatoire: laryngite, rhinopharyngite, granulome (inflammation des cordes vocales, due par exemple à un reflux gastro-oesophagien ou à une intubation prolongée) ;
  • Fumeur;
  • Congénital: malformation congénitale des cordes vocales;
  • endocrine : associée par exemple à une hypothyroïdie ou à une hyperandrogénie ;
  • Cancéreux: les lésions causées par le papillomavirus ou le tabac qui peuvent toucher les cordes vocales mais aussi la trachée ;
  • Traumatique: Les nerfs qui déplacent les cordes vocales peuvent être paralysés après un accident ou une chirurgie de la thyroïde. Dans le second cas, la dysphonie apparaît dès le réveil, après l’opération.

D’autres symptômes peuvent être associés à la dysphonie selon les causes : difficultés respiratoires, douleurs, gonflement des ganglions lymphatiques, difficulté à avaler et surtout faux passages dans le larynx, crachats de sang… Il s’agit d’une consultation immédiate car elle peut se révéler plus grave pathologies (en particulier cancer du larynx ou des poumons).

Quand consulter un médecin ?

Toute modification de la voix durant plus de trois jours, que vous observez vous-même ou votre entourage, nécessite la visite d’un médecin ORL pour examiner de plus près le larynx et donc les cordes vocales. », souligne le spécialiste. Celui-ci réalisera une fibroscopie laryngée sous anesthésie locale, qui déterminera la cause de la dysphonie et fixera ainsi le traitement approprié.

En pratique, un spécialiste ORL examine le larynx soit par laryngoscopie indirecte, par la bouche ; soit par nasophibroscopie, par le nez. Il choisit l’une ou l’autre méthode en fonction de l’anatomie du patient et de ses éventuels réflexes nauséeux. Ces deux examens se font au cabinet après consultation et la nasophibroscopie est précédée d’une anesthésie locale du nez.

En fonction de ses constatations, le spécialiste ORL peut effectuer une stroboscopie vidéo pour bien étudier les vibrations de la voix ; ou prévoir une scintigraphie cervicale ou une biopsie tumorale en salle d’opération sous anesthésie générale.

On l’aura compris, tout dépend de l’origine de celle-ci.

  • S’il s’agit d’une infection laryngée : un simple traitement antibiotique peut suffire. Accompagné de quelques conseils d’hygiène de vie : rinçages du nez, fumigation en cas de rhume associé ; repos vocal, arrêt du tabac, etc.
  • S’il s’agit d’une tumeur bénigne : l’orthophonie avec suivi sera mise en place. “Selon le résultat, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour compléter le traitement (notamment pour retirer le granulome ou le polype restant). Si la tumeur est bénigne mais très volumineuse, une intervention chirurgicale est également nécessaire.e », ajoute le Dr Stéphane Hervé. En cas d’exérèse chirurgicale, ce geste sera suivi d’un repos de la voix (8 jours sans pouvoir parler ni même chuchoter) pour faciliter une cicatrisation de qualité.
  • S’il s’agit d’un cancer malin d’aspect malin : la biopsie sera réalisée au bloc opératoire. “Une évaluation locale et globale de l’extension sera réalisée et, selon le stade de la tumeur, le traitement pourra être chirurgical, radiothérapie externe exclusive et/ou radiothérapie externe, qui précède la chimiothérapie.
  • Si c’est un oedème (causé par le tabac) un traitement à base de corticoïdes (en spray) associé à un sevrage tabagique peut être prescrit pendant plusieurs semaines. “Ce traitement court réduit le gonflement des cordes vocales, qui sont contrôlées visuellement par l’ORL.
  • Si c’est une paralysie nerveuse, il a battun – qui consiste principalement en un scanner cervical – est réalisé pour mieux comprendre l’origine, sauf s’il existe une paralysie postopératoire (après thyroïdectomie). Ensuite, une orthophonie est effectuée. “Si la dysphonie est ancienne et que l’orthophonie ne fonctionne pas bien, il peut être nécessaire d’injecter des médicaments (collagène ou acide hyaluronique) pour mettre les cordes vocales en contact les unes avec les autres.note le médecin ORL.
  • S’il s’agit d’une dysphonie dysfonctionnelle (granulome, mauvaise utilisation du diaphragme et des cordes vocales, voix forcée…), une rééducation orthophonique est également nécessaire, qui peut durer plusieurs mois.
  • En cas de dysphonie d’origine psychosomatique ou psychologiquediverses approches complémentaires peuvent être mises en place pour tenter d’enrayer le problème : psychothérapie, hypnose, programmation neurolinguistique (PNL), etc.

Qu’est-ce que l’orthophonie?

L’orthophonie est utilisée en complément d’un traitement chirurgical ou en première intention si le trouble observé est bénin. Elle permet de faire disparaître les lésions, de corriger la paralysie, d’améliorer la déglutition, et ainsi d’éviter les faux chemins, d’apprendre à contrôler la voix et la respiration (pour qu’ils puissent parler sans trop de violence), de rendre la toux plus efficace ; et donc retrouver une voix plus claire. “VSCela peut être nécessaire à tout âge »dit le spécialiste.

Consulter un médecin généraliste en ligne

L’élimination du tabac reste la principale mesure de prévention de la dysphonie chronique et du cancer du larynx. De même, le vaccin papillomavirus (chez les enfants, garçons et filles avant le premier rapport sexuel) permet largement de prévenir le risque de cancer ORL. “Vous pouvez également consommer quotidiennement de l’infusion ou du thé (citron, gingembre, etc.) avec du miel (de préférence bio et français), excellent pour les muqueuses des voies respiratoires.conseille le Dr Stéphane Hervé.

Lorsque vous sentez que votre voix est fatiguée, par exemple en hiver, vous devez également la calmer pour mieux la garder. “Enfin, en cas de dysphonie chez l’enfant, n’hésitez pas à consulter pour diagnostiquer et initier une rééducation orthophonique., insiste le spécialiste. Cela lui permettra de mieux utiliser son système vocal et de ne pas adopter de mauvaises habitudes, sources de futures dysphonies.

.

Leave a Comment