essoufflement, prise de poids, gonflement, fatigue, connaissez-vous ces symptômes de l’insuffisance cardiaque ?

Détérioration de la qualité de vie, hospitalisations à répétition, décès… l’insuffisance cardiaque est une maladie chronique aux conséquences graves qui touche 1,5 million de personnes en France et devrait augmenter de 25 % tous les 4 ans. Ce nombre est sous-estimé car les patients mettent beaucoup de temps à être diagnostiqués. Elle touche principalement les personnes âgées de 60 ans et plus, mais son incidence augmente avant 55 ans, comme dans d’autres pays européens, en raison d’habitudes de vie malsaines (tabagisme, sédentarité, alimentation). À mesure que l’espérance de vie augmente, elle continue d’augmenter avec l’âge et touche 10 % des personnes âgées de 70 ans et plus. On parle d’insuffisance cardiaque lorsque le cœur perd sa force musculaire et sa capacité à se contracter normalement : il cesse de pomper suffisamment de sang pour que les organes reçoivent suffisamment d’oxygène et de nutriments nécessaires à leur bon fonctionnement. L’insuffisance cardiaque est donc l’incapacité du muscle cardiaque à assurer normalement son rôle de pompage du sang dans l’organisme.

Si elle n’est pas traitée à temps, cette pathologie chronique et évolutive s’aggrave et entraîne une dégradation importante de la qualité de vie avec une altération des capacités fonctionnelles, ce qui peut probablement être source d’anxiété, voire de dépression. D’une part, le patient ne peut plus accomplir facilement les tâches élémentaires de la vie quotidienne (marcher, porter des objets légers) car sa tolérance à l’effort est limitée, d’autre part, des hospitalisations répétées surviennent à chaque décompensation, qui se définit comme la soi-disant intensification des symptômes de la maladie. Or, malgré sa prévalence et son évolution dynamique, l’insuffisance cardiaque dans la population, et notamment chez les personnes âgées, est peu connue, comme le souligne une étude BVA réalisée en juin 2022 pour les caisses d’assurance maladie. Ainsi, seuls 19% d’entre eux peuvent énoncer spontanément l’un des 4 signes avant-coureurs de l’insuffisance cardiaque. L’assurance maladie lance donc une campagne nationale de sensibilisation* à partir du 25 septembre, quelques jours avant la journée mondiale du cœur le 29 septembre.

Une maladie peu connue du public, y compris des malades eux-mêmes

Afin de détecter au plus tôt cet état ou sa détérioration, cette campagne est portée par le slogan “ Insuffisance cardiaque : que faire si votre cœur essaie de vous dire quelque chose ? », vise à améliorer les connaissances sur l’insuffisance cardiaque et notamment ces signes avant-coureurs pour favoriser un diagnostic précoce en incitant les patients à en parler à leur médecin. Que sont-ils ? Fatigue excessive, essoufflement, gonflement des pieds et des chevilles (œdème) et prise de poids rapide. L’assurance maladie rappelle que les patients peuvent attribuer à tort ces symptômes au vieillissement ou à d’autres causes, ce qui entraîne un retard de diagnostic. Une idée reçue qui nuit à leur qualité de vie. “ Un diagnostic trop tardif peut ainsi entraîner une insuffisance cardiaque décompensée nécessitant une hospitalisation, parfois en réanimation.. », précise-t-elle. De plus, si ces 4 symptômes sont présents isolément, ils ne sont pas spécifiques à la maladie, mais leur association ou leur apparition récente devrait indiquer une insuffisance cardiaque.

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Pourtant, si la douleur thoracique est bien identifiée comme un symptôme possible des maladies cardiovasculaires par la population, il n’en est rien avec ces fameux 4 signes avant-coureurs, comme le montre cette enquête BVA auprès des seniors. En effet, l’étude souligne qu’ils en sont partiellement conscients : interrogés sur les maladies cardiovasculaires qu’ils connaissent, seuls 1 sur 10 mentionnent spontanément l’insuffisance cardiaque. Fait important : il n’y a pas plus de seniors souffrant de cette maladie pour l’évoquer spontanément, et aussi peu de personnes pour la caractériser spontanément : pour 1 senior sur 2, l’insuffisance cardiaque est synonyme de dysfonctionnement cardiaque. Si seulement 19% des répondants mentionnent spontanément au moins un des symptômes, certains sont cependant plus familiers que d’autres. Ainsi, plus de 8 personnes sur 10 ont reconnu l’essoufflement (83 %) et la fatigue (82 %) comme des symptômes d’insuffisance cardiaque, tandis que l’enflure (62 %) et la prise de poids rapide (26 %) ont été beaucoup moins identifiées.

Savoir reconnaître les symptômes de l’insuffisance cardiaque

Signe que la maladie est insaisissable, cette méconnaissance peut persister chez les patients hospitalisés pour décompensation cardiaque : un quart d’entre eux ne se rendent pas compte qu’ils ont l’affection. Et plus de la moitié (56 %) ne savent pas qu’ils ont été hospitalisés pour des symptômes liés à leur insuffisance cardiaque. Si vous avez sérieusement du mal à retenir votre souffle, c’est parce que cela provoque une augmentation de la pression artérielle dans les vaisseaux pulmonaires et empêche les poumons de fonctionner correctement. ” Cette gêne se manifeste à l’effort, puis de moins en moins à l’effort, et enfin au repos, en position assise. Elle peut être associée à une toux couchée, surtout la nuit. “, prévient Zdravotní pojišťovna, qui précise que la survenue d’un essoufflement en position couchée est un symptôme de détérioration nécessitant une consultation urgente. L’apparition d’un gonflement sur certaines parties du corps (pieds, chevilles) est facilement reconnaissable lorsque, après avoir appliqué une pression avec un doigt, la marque reste visible quelques instants.

A noter que ces œdèmes peuvent également entraîner une prise de poids extrêmement rapide et inexpliquée associée à une rétention d’eau. Quant à la fatigue ressentie au quotidien, elle est en partie liée à un apport insuffisant d’oxygène et de nutriments aux muscles. Les causes de l’insuffisance cardiaque sont le plus souvent dues à une maladie cardiaque ou à des facteurs de risque cardiovasculaire, principalement une maladie coronarienne telle que l’infarctus du myocarde et l’angine de poitrine, bien que de nombreuses autres maladies soient susceptibles d’être la cause de troubles cardiovasculaires tels que les anomalies des valves cardiaques, la fibrillation auriculaire et la cardiomyopathie. cause. Enfin, elle peut également être causée par l’hypertension artérielle, le diabète, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou encore l’insuffisance rénale chronique avancée. Les personnes atteintes de ces maladies doivent donc être particulièrement vigilantes, tant individuellement qu’avec leur médecin généraliste.

Un diagnostic précoce associé à une prise en charge globale ralentit la maladie

À cet égard, la caisse d’assurance maladie insiste également sur le fait que « pour les personnes atteintes d’une maladie chronique, toutes les occasions doivent être saisies pour discuter avec un professionnel de la santé (infirmière, pharmacien, kinésithérapeute, médecin spécialiste) afin d’aborder la survenue de symptômes rappelant la maladie. » Cependant, cette première étape d’alerter un médecin généraliste de la présence d’un ou plusieurs de ces symptômes n’est pas automatique, comme le montre l’enquête BVA : selon le symptôme, 56 à 68 % des personnes interrogées sautent à chaque fois la parole. Pourtant, le diagnostic initial de la maladie est simple, car il repose sur un bilan comprenant notamment un examen clinique, une prise de sang et une radiographie pulmonaire. Si nécessaire, une référence à un cardiologue peut alors être proposée pour confirmer l’insuffisance cardiaque par des examens plus poussés : un électrocardiogramme pour analyser l’activité électrique du cœur et une échocardiographie pour visualiser sa morphologie, ses cavités et sa capacité à se remplir et se contracter.

La consultation médicale est d’autant plus importante pour ces patients que les professionnels de santé concernés auront également pour objectif d’attirer l’attention sur la cause de l’insuffisance cardiaque en mettant en place une évaluation des facteurs de risque cardiovasculaire (par exemple, tabagisme, diabète, anomalies des lipides sanguins, hypertension artérielle, etc.). La bonne nouvelle : une insuffisance cardiaque symptomatique diagnostiquée précocement peut souvent être traitée sans hospitalisation. “ Après stabilisation avec un traitement global agissant sur la cause de la maladie et ses symptômes, respect des recommandations hygiéno-diététiques (faire de l’exercice, se peser tous les jours, respect des gestes médicaux, ne pas saler ses aliments) et suivi régulier par une équipe infirmière , la qualité de vie d’un patient insuffisant cardiaque peut être préservée. “, conclut Zdravotní pojišťovna. L’organisme entend dévoiler le deuxième volet de cette campagne en 2023, cette fois-ci axé sur les bons réflexes acquis par les insuffisants cardiaques.

*Il sera décliné à travers un spot TV, un spot radio, des suppléments dans la presse quotidienne régionale et dans la presse écrite féminine et senior, des affiches, une vidéo pédagogique diffusée dans les officines et les salles d’attente des EHPAD, ainsi que sous forme de publications sur les réseaux sociaux. Les personnels de santé (médecins et paramédicaux) seront également informés par l’assurance maladie via les canaux d’information qui leur sont réservés (e-news, site ameli, etc.).

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