“La vaccination reste essentielle dans la lutte contre les maladies infectieuses”

A l’occasion de la Semaine internationale de la vaccination de l’OMS, Brecht Vanneste, directeur exécutif de MSD, a pris la plume pour souligner un certain nombre de défis et d’opportunités dans la politique belge de vaccination.

Flammes

Temps de lecture : 5 minutes

LLes vaccins jouent depuis longtemps un rôle vital dans la lutte contre de nombreuses maladies infectieuses autrefois mortelles. Ils offrent une protection aux groupes les plus vulnérables de la société, qui sont plus à même de faire face aux conséquences de l’exposition aux agents pathogènes. Pour cette raison, je m’engage personnellement à respecter le calendrier vaccinal de mes enfants, de mes parents et de mes proches. Bien sûr, j’applaudis la vaste campagne de vaccination contre le covid et son succès, mais malheureusement, nous devons voir que plusieurs autres vaccinations ont diminué.

La prévention des maladies est l’un des piliers les plus importants d’une politique de santé efficace. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que la vaccination permettra d’éviter 2 à 3 millions de décès par an. C’est donc un droit fondamental de tout citoyen. Chaque pays est responsable de sa propre politique de prévention afin d’obtenir des bénéfices pour la santé de sa population. Grâce aux vaccinations, les gens vivent plus longtemps et ont une meilleure qualité de vie. En Belgique, cependant, seuls 2,2 % du budget de la santé sont investis dans la prévention. Un chiffre qui contraste fortement avec la moyenne européenne de 3,1 %. Selon les experts médicaux de la Plateforme Prévention, le scénario idéal serait jusqu’à 5 %. Une politique de santé préventive plus forte à tous les niveaux politiques pourrait aider à prévenir des dizaines de milliers de décès supplémentaires chaque année. Malheureusement, l’appel des experts à investir davantage dans la promotion de la santé et la prévention des maladies a été ignoré pendant trop longtemps.

A l’heure où la Belgique investit trop peu dans la prévention, la Semaine de la Vaccination est une belle occasion de rappeler le rôle crucial des vaccins dans la prévention des maladies infectieuses. De plus, la vaccination est un élément clé d’une stratégie générale de prévention de la santé avec des effets positifs sur notre bien-être général et notre économie.

La signification sociale de la vaccination

N’oublions en aucun cas que les vaccins sont plus que de simples moyens de lutter contre les épidémies de maladies infectieuses. Aujourd’hui, malgré leur histoire relativement courte, les vaccins peuvent offrir aux gens une meilleure protection contre plus d’une vingtaine de maladies infectieuses. En Belgique, les enfants sont donc systématiquement vaccinés contre douze agents pathogènes différents avant l’âge de 10 ans, comme le recommande le Conseil supérieur de la santé et son calendrier. Il s’agit notamment de la poliomyélite, de la diphtérie, du tétanos, de la coqueluche, de la méningite de type C, de la rougeole, des oreillons et du pneumocoque. En les vaccinant dès leur plus jeune âge, les enfants acquièrent une résistance naturelle aux maladies infectieuses graves. De plus, il prévient la propagation de ces maladies chez les plus jeunes.

Autre exemple, la vaccination des adolescents contre le papillomavirus humain (HPV), un virus qui se transmet sexuellement à tous, hommes et femmes. Le VPH est responsable non seulement de divers cancers des organes génitaux féminins, du col de l’utérus, de la vulve et du vagin, mais également du cancer du rectum et des verrues génitales chez les femmes et les hommes. La vaccination peut éradiquer le virus, à condition que non seulement les filles mais aussi les garçons en dehors du milieu scolaire soient éligibles à la vaccination contre le VPH. Le fait que la discrimination existe encore aujourd’hui à cet égard est injustifiable dans un pays prospère comme la Belgique.

La vaccination comme gardienne de l’économie

Non seulement les vaccins sauvent des vies, mais ils contribuent également à soutenir l’économie et ont le potentiel de rendre nos systèmes de santé plus résilients et durables. Une étude belge récente a montré qu’un programme de vaccination de base en Belgique a permis d’économiser près de 400 millions d’euros en termes de coûts de traitement et de perte de productivité. Pour chaque euro dépensé en vaccinations, l’entreprise rapporte trois euros. Malgré un retour sur investissement clair, la Belgique consacre moins de 0,5% de son budget santé aux programmes de vaccination. Cela représente un investissement d’environ 9 euros par habitant. A titre de comparaison, il y a 22 € par diabète par traitement, 61 € par maladie cardiovasculaire et 89 € par maladie neurologique.

En développant davantage le programme de vaccination, nous pourrons optimiser la couverture vaccinale, élargir l’accès à de nouveaux et meilleurs vaccins, mieux informer la population et mieux équiper et protéger le système de santé belge contre les maladies infectieuses.

La vaccination reste un pilier essentiel de la prévention sanitaire, mais elle n’est pas encore pleinement exploitée dans la lutte contre les maladies évitables. Cependant, ses avantages sociaux et économiques sont indéniables. Il reste encore un long chemin à parcourir pour accepter la vaccination à vie comme pierre angulaire de la santé publique. Profitons de la Semaine de la vaccination et remettons la vaccination au premier plan de l’agenda social en tant qu’outil important de prévention sanitaire.

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