Le régime méditerranéen est-il bon pour la santé ? Probablement

Kathleen Couillard – L’agence du détecteur de rumeurs Science Press

LA SCIENCE. Le régime méditerranéen, inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2013, présente de nombreux avantages, dont la prévention des maladies cardiaques. Rumor Detector a vérifié ce que l’on sait de son efficacité.

L’origine de la réputation

Comme l’explique l’Institut de Cardiologie de Montréal, qui recommande une alimentation de style méditerranéen, celle-ci met l’accent sur les céréales à grains entiers, les fruits et légumes colorés, les légumineuses, le soya et ses dérivés, l’huile d’olive et l’huile de colza, le poisson, les noix, les graines de lin et de chia. ainsi que des plats faits maison. Ce régime, riche en acide alpha linoléique, s’inspire du régime alimentaire du bassin méditerranéen des années 1950 et 1960.

Ce régime a en effet été décrit pour la première fois dans un livre publié en 1953 et consacré à la Crète. Ses auteurs sont des chercheurs qui ont collecté des données sur les conditions de vie difficiles des habitants de cette île grecque, alors considérée comme une “région sous-développée”. Ils ont observé que les Crétois consommaient peu de viande et de produits laitiers et que leur alimentation se composait principalement d’aliments d’origine végétale (plantes sauvages, herbes, fruits et légumes) et d’huile d’olive vierge.

Parallèlement, le physiologiste américain Ancel Keys lance une étude dans sept pays, dont l’objectif est de comparer la fréquence des maladies cardiovasculaires dans différentes populations. Il comprend la Crète, principalement en raison de son régime alimentaire différent de celui des pays d’Europe du Nord. Résultat : les maladies cardiovasculaires sont moins fréquentes chez les Crétois. On en conclut que l’alimentation jouerait un rôle important.

Des résultats prometteurs pour la santé cardiovasculaire

Plusieurs études ultérieures ont confirmé ces observations. Par exemple, des chercheurs de Lyon, en France, ont publié les résultats d’une étude sur des patients ayant survécu à un infarctus du myocarde en 1999. Il a été conseillé à la moitié d’entre eux de surveiller leur alimentation et à l’autre moitié de suivre un régime de type méditerranéen. Après presque quatre ans d’étude, les participants ont conclu que le régime méditerranéen réduisait de 70 % le risque de mort cardiaque et de crises cardiaques récurrentes.

Une étude du même type en Espagne, publiée en 2018, est récemment allée dans le même sens.Les patients à haut risque de maladies cardiovasculaires et recommandés pour un régime méditerranéen avaient un risque 30% inférieur d’événements cardiovasculaires graves au cours des cinq prochaines années par rapport à qui on leur a conseillé de consommer moins de matières grasses.

En 2017, des chercheurs italiens ont passé en revue 13 méta-analyses d’études observationnelles et 16 méta-analyses d’essais contrôlés randomisés, c’est-à-dire ceux dans lesquels les chercheurs interviennent dans les choix alimentaires. Au total, ces études ont représenté un total de près de 13 millions de patients. Conclusion des scientifiques italiens : Le régime méditerranéen serait associé à une réduction du risque de maladies chroniques et de mortalité. Cela réduirait également le poids, l’indice de masse corporelle, le tour de taille et le taux de cholestérol. De plus, cela réduirait le risque de diabète, favoriserait un meilleur contrôle de la glycémie et réduirait la résistance à l’insuline. Enfin, les chercheurs ont observé un possible effet protecteur contre certains cancers et maladies neurodégénératives. Selon les chercheurs, le régime serait bénéfique car il combattrait l’inflammation et l’accumulation de dépôts graisseux sur la paroi interne des artères.

Plusieurs appartements

Selon ce que Cochrane, une équipe à but non lucratif qui publie des revues systématiques de santé, a écrit en 2019, la qualité des études sur le régime méditerranéen n’est pas encore suffisante pour déterminer son efficacité dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

L’un des problèmes est la manière très variable de décrire ce type de régime. Dans une revue de plusieurs méta-analyses publiées en 2018, des chercheurs allemands ont fourni plus de 34 définitions différentes. Par exemple, dans une étude lyonnaise, l’huile d’olive a été remplacée par de la margarine à base de colza. L’équipe Cochrane a également choisi deux critères relativement larges pour déterminer si l’étude devait être incluse dans son analyse : le régime alimentaire proposé a une teneur plus élevée en graisses monoinsaturées qu’en graisses saturées et est composé de nombreux produits végétaux (fruits, légumes, légumineuses).

De plus, comme le notait le médecin britannique Richard Smith en 2014, il est difficile d’évaluer si l’alimentation peut prévenir certaines maladies. Il est vraiment difficile pour une personne d’enregistrer tous les aliments consommés et d’évaluer leur contenu nutritionnel. De plus, le régime alimentaire d’une personne peut varier considérablement tout au long de la vie. Enfin, la recherche montre que la plupart des patients ont des difficultés à suivre un régime qu’ils ne connaissent pas.

Dans son texte publié dans le British Medical Journal, Richard Smith a également souligné le rôle de certains lobbies alimentaires, comme l’International Olive Oil Council (anciennement l’International Olive Oil Council), qui ont peut-être joué un rôle important dans la popularité de ce régime. indépendamment des preuves scientifiques.

Déclaration

Les études sur le régime méditerranéen tendent à montrer que ce type de régime pourrait avoir des effets bénéfiques sur la santé, notamment sur la santé cardiovasculaire. Mais la qualité variable des études et la difficulté de s’accorder sur le contenu exact d’un tel régime rendent difficile l’obtention d’un consensus.

Lien vers l’article original https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/detecteur-rumeurs/2022/02/10/diete-mediterraneenne-bonne-pour-sante-probablemen

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