Les Français sous-estiment encore leur sérieux

Les maladies cardiovasculaires (pathologie affectant le cœur et tous les vaisseaux sanguins) sont encore trop souvent sous-estimées chez les femmes comme première cause de décès. Car oui, comme les hommes, les femmes sont susceptibles de développer en raison d’une augmentation des facteurs de risque traditionnels, comme le tabagisme ou la sédentarité, mais aussi des facteurs de risque spécifiques associés à certaines périodes de leur vie hormonale. Pourtant, selon une récente enquête menée par la Fédération française de cardiologie (FFC) en collaboration avec OpinionWay, dont les résultats sont l’occasion de rappeler qu’il s’agit d’un problème majeur de santé publique, leurs connaissances sur le sujet pourraient être améliorées.

L’étude montre d’abord que les femmes ont tendance à prioriser leurs responsabilités familiales et la santé de leurs proches en premier lieu au détriment de la leur. En effet, 68% le confirment et 37% déclarent un manque de temps pour des consultations si nécessaire. Le constat inquiétant, qui repose sur une explication simple, est dit par le Dr Catherine Monpère, cardiologue et vice-présidente de la Commission Cœur des Femmes de la FFC. ” Les femmes ont tendance à privilégier la famille et le travail à leur santé car elles craignent de ne pas être à la hauteur de leurs responsabilités professionnelles et personnelles. Cependant, ils ne doivent pas se sentir coupables de prendre soin de leur santé physique et morale. “Comment ? Ou” Quoi ? Grâce à de simples conseils quotidiens, comme des exercices de respiration ou de la marche quotidienne, même 15 minutes.

Plus de femmes dans les essais cliniques et leur prise en charge

A cela s’ajoute une méconnaissance du mode de prise en charge puisque 50% des répondants ne savent parfois pas à quel prestataire de soins s’adresser. La sensibilisation des femmes à ce sujet bénéficierait donc d’une optimisation, d’autant plus qu’elles ont adopté les mêmes mauvaises habitudes de vie en adoptant le même mode de vie que les hommes. “ L’information doit être multipliée là où les femmes sont directement localisées, comme les lieux de travail. Les services de médecine du travail jouent un vrai rôle, car ils sont parfois les seuls médecins consultés. “Dit le Dr Monpère. Cette dernière insiste également sur l’importance d’une meilleure formation des professionnels de santé dans le domaine des spécificités féminines de certaines pathologies, notamment cardiovasculaires. Et surtout, mieux prendre en compte les femmes dans le milieu de la recherche.

Nous devons lancer plus d’études impliquant plus de femmes, des patients qui sont actuellement sous-représentés. Nous avons également besoin de plus de femmes cardiologues pour mener ces études, car 9 fois sur 10, l’auteur est un homme. La preuve de ce manque de sensibilisation est attestée par le fait que 74 % des répondants n’identifient tout simplement pas les maladies cardiovasculaires, y compris les crises cardiaques, comme la principale cause de mortalité féminine, 63 % classant le cancer en premier. Cependant, ces maladies causent plus de 200 décès par jour., la principale raison étant l’évolution des modes de vie des femmes (tabac, alcool, stress, sédentarité, etc.) L’enquête montre également qu’une autre idée reçue persiste, puisque 55% des personnes interrogées pensent à tort que les maladies cardiovasculaires touchent principalement les personnes plus de 50 ans.

Oui, les jeunes femmes sont aussi concernées

Les femmes ont donc encore une connaissance fragile de ce risque, et pour cause. “ On a longtemps pensé que les maladies cardiovasculaires touchaient principalement les hommes d’âge moyen surmenés. On a aussi longtemps dit que les femmes étaient protégées par leurs hormones, alors que du côté des professionnels de santé, si une femme se plaint de douleurs à la poitrine, on parlera de stress, mais tout de suite d’infarctus en termes “d’homme”. dit le Dr Monpère. En termes de symptômes, les femmes ont tendance à minimiser ceux qui sont spécifiques aux maladies cardiovasculaires, avec la conséquence dangereuse d’un traitement médical retardé. D’après le cardiologue il y a une vraie sous-estimation dans ce domaine, notamment par les femmes elles-mêmes, qui ne s’estiment pas à risque, surtout les plus jeunes. »

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Or, selon la Fédération française de cardiologie, de plus en plus de jeunes femmes sont touchées par les maladies cardiovasculaires, avec 25 % d’hospitalisations en plus pour infarctus entre 45 et 54 ans dans les 5 ans. Quel que soit l’âge, les femmes ne doivent pas hésiter à consulter en cas de douleurs thoraciques irradiant vers le bras et la mâchoire gauches, un symptôme classique. Mais attention : les signaux d’alerte comme les sensations d’épuisement, l’essoufflement et les nausées ne doivent pas passer inaperçus et réduire la vigilance. “ Certains disent que les symptômes chez les femmes sont atypiques, c’est faux, c’est des douleurs thoraciques au début, mais peut être une manifestation différente d’autres symptômes moins typiques avec des symptômes plus fréquents, c’est la seule différence. “, note le Dr. Monpère.

Facteurs de risque méconnus propres aux femmes

En plus d’être moins bien examinées et plus vulnérables à un traitement ultérieur, les femmes sont également moins susceptibles de suivre un programme de rééducation après un infarctus, une étape pourtant essentielle à une bonne récupération. Mais aussi à une bonne santé à long terme, mais il y a aussi des inégalités d’accès dans ce domaine car à peine un quart des femmes après un infarctus dépendent des services de réadaptation. selon le Dr. Monpère. Enfin, dans le domaine clé de la prévention, la fédération insiste sur le fait que les femmes ont leurs propres facteurs de risque, mais ceux-ci s’ajoutent aux facteurs dits traditionnels (tabac, manque d’activité physique, alcool, stress, poids, sommeil, alimentation). trop riche en sel), un constat qu’eux aussi ne semblent pas assez connaître.

Par exemple, seulement 65% des répondants identifient l’utilisation d’hormones contraceptives comme un facteur de risque et 1/4 pensent que les périodes clés de leur vie hormonale (puberté, grossesse, périménopause, ménopause) n’affectent pas cela. Mais le risque est en réalité double, car à tout âge, les hormones ont un impact sur la vie d’une femme combiné au fait que ” avec le même facteur de risque, les femmes auront un risque accru de crise cardiaque par rapport aux hommes. “, note le Dr. Monpère. Pour toutes ces raisons, il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour prendre soin de son cœur et adopter les « 10 règles d’or » de la FFC. Premièrement, vivre sans tabac, faire de l’exercice, manger sainement et réduire le stress, des recommandations qui s’appliquent autant aux femmes qu’aux hommes.

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