lorsqu’une gêne visuelle, auditive ou olfactive perturbe l’environnement

L’environnement est la troisième préoccupation exprimée par les Français dans #MaFrance2022. Lié au climat, à la conservation de la biodiversité, mais aussi à l’environnement. Pourtant, de nombreuses personnes touchées de près par les désagréments estiment que le sujet n’est pas encore suffisamment traité et que la campagne présidentielle est quasiment absente.

Vous me demandez si l’effet stroboscopique existe toujours ? Oui c’est le cas. Quand le soleil se lève le matin, cela prend généralement une bonne vingtaine de minutes“, explique Aurélie Salingue.

En février 2019, ce résident Le village de la Sablonnière, près de Beaurevoir, dans l’Aisne, a condamné les effets d’un parc de 33 éoliennes situé à 580 mètres de sa maison.

Trois ans plus tard, l’effet lumineux est toujours le même. “Ce n’est jamais pris au sérieux, se lamente Aurélia. Nous sommes petits et nous devons utiliser de gros moyens pour nous faire entendre alors que nous n’avons rien demandé à la base.

L’adjoint au maire, chargé de l’écologie, est allé voir les lieux : “quand il y a une éolienne entre le soleil et la maison, il y a un tel effet d’ombre/lumière, c’est terrible… Je ne pouvais pas imaginer ce que c’est et c’est très gênant et dérangeant.

Et ce n’est pas la seule perturbation que le couple a condamnée. Le bruit a été supprimé, mais cela a pris beaucoup de temps. Des campagnes de réception acoustique ont conclu que le seuil de contrôle était dépassé, puis un programme de réduction du bruit a été mis en place.

Au final cependant, ce sont les mesures de la troisième campagne qui ont permis de conclure que le parc éolien était réglementaire au niveau résidentiel. “Quelle compensation dans les trois années que nous avons vécues au-dessus de la limite légale ? Rien au début», lance, amèrement, Thibaut Sailly, le compagnon d’Aurélia.

En tout cas, le couple n’a plus la même vie : “On dort moins bien qu’avant. On ne peut pas dormir la fenêtre ouverte, ce n’est pas possible (…) On n’était pas contre les éoliennes, mais c’est trop près des maisons… Il y a suffisamment de recoins là où il n’y a pas de maisons pour les donner. ..

De la critique faite par les locaux Guillaume Wabont entend beaucoup : “généralement les retours sont négatifs, c’est certain explique l’adjoint au maire Beaurevoir. Certaines personnes pensent que ça fait moche à la campagne. D’autres mettent l’accent sur le bruit. Je le vis moi-même. Selon la direction du vent, on entend le bruit de la pale et quand on l’entend, on ne s’endort pas… C’est embêtant, tout le monde ne le ressent pas, mais c’est de la gêne, qui est réelle. “

Et surtout, il dénonce la concentration excessive d’éoliennes. Il reçoit constamment des appels d’entreprises. Il n’y a pas un mois qu’il n’y en ait un : “Nous alimentons et notre commune séparément. Nous avons un phénomène de siège et il devient de plus en plus gros

Il ne peut donc être question d’agrandir le parc sans consulter les habitants. L’équipe souhaite organiser un référendum local après l’élection présidentielle, probablement en septembre, avant de trancher.

Elle combat d’autres types de harcèlement : ceux causés par les avions. Dominique Lazarski est le président de l’ADERAassociation de protection de l’environnement des riverains de l’aéroport Beauvais-Tillé. “Le bruit est-il pris en compte ? Non ce n’est pas“Il dit tout de suite.”

Il reconnaît que certains aéroports ont restreint les vols de nuit, interdit les décollages de nuit ou même instauré un couvre-feu, comme à Beauvais. Mais cela ne lui suffit pas : “Le problème, c’est qu’au lieu de s’étendre, on a un couvre-feu. Son extension serait moderne. Il est 22h00 à 06h00 du soir en France, et nous levons le couvre-feu car il faut Ryan Air.

Pour elle, son combat n’est pas qu’un enjeu environnemental. Selon Dominique Lazarski, il n’est pas nécessaire de prouver que le bruit provoque des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, etc. Et pourtant le sujet n’atteint pas le niveau qu’il prétend devoir atteindre. “Seules les personnes réellement concernées s’en rendent compte et agissent“Il se lamente. Et il ajoute.”Il y a des attentes, mais les gens qui combattent le bruit sont inaudibles aux côtés de ceux qui se battent pour le climat, qui est aussi un problème. Mais c’est dommage !

Le président de cette association écologiste espère donc que les développements futurs feront réfléchir la société sur cette question. Car les drones qui vont bientôt livrer la marchandise lui créent un nouveau malaise et nous obligent à y penser dès maintenant.

Le sujet n’est pas assez pertinent ? La question peut se poser. L’ADEME, l’agence pour la transition écologique, a travaillé en 2021 à la mise en place d’un plan de lutte contre le bruit. “Il s’agit d’une aide financière aux collectivités locales du bruit routier et au réseau ferroviaire SNCFexplique Emmanuel Thibier, coordinateur technique à la direction de l’aménagement des villes et des territoires à l’ADEME. L’objectif était de traiter les points noirs de bruit dans les immeubles de grande hauteur à des seuils critiques.

Concrètement, la structure a proposé un accompagnement technique, administratif et financier pour aider à remédier à ces points noirs en insonorisant les logements et en remplaçant les fenêtres peu performantes en termes d’acoustique. Pourtant, il n’y a pas eu beaucoup de dossiers traités dans les Hauts-de-France : un seul, le dossier du Conseil général de l’Aisne.pour habitation exposée au bruit de la route“.

Quelle que soit la raison de ce faible nombre de dossiers dans la région, il en reste encore beaucoup »points noirs bruyants“D’après Emmanuel Thiber.”Les gens en souffrent, même s’ils ne s’en rendent pas vraiment compte. Cela affecte le cerveau. On dort mal, le lendemain on est fatigué. Ce sont des désagréments à long terme. Jour après jour, non. Mais année après année, oui.

Selon lui, on ne sait pas forcément qui est responsable du bruit. Et le principe du pollueur-payeur ne semble pas adopté lorsqu’il s’agit d’une route appartenant à une collectivité qui, par exemple, cause des désagréments…

Cependant, les entreprises vont parfois jusqu’à prendre des mesures pour tenter de réduire le harcèlement. C’est le cas de l’usine Metex-Novistago (anciennement Ajinomoto) à Amiens Nord. En mai 2013, une entreprise qui produit des acides aminés pour animaux a dû faire face à une très forte vague de signalements d’odeurs de la part des habitants.

Le thème n’est pas une colline, ce sont des parfums pour nouslance Jérémy Domont, Responsable HSE / Inspection, Metex-Novistago. Nous sommes une industrie de la fermentation. L’usine s’occupe de la biomasse, de la matière organique vivante… Alors comme toute entreprise qui s’occupe de la biomasse, à un moment donné elle chauffe, sèche et crée des odeurs…

Mais les premiers habitants ne sont qu’à un kilomètre de la place… Commence alors le long travail de premier inventaire. L’étude d’impact olfactif est confiée à une entreprise avec environ 70 points mesurés sur site. “Nous avions des idées sur l’origine des odeurs, mais pas de quantification précise. Nous ne savions pas qu’un tel réservoir, quel équipement avec une telle quantité est responsable de l’odeur», détaille Jérémy Domont.

Et ce n’est qu’après la modélisation de la dispersion des odeurs que la phase d’action a pu commencer. Le charbon actif pour le piégeage des molécules et les traitements à base d’huiles essentielles n’ont pas été démontrés. L’entreprise a donc décidé de changer de méthode de production en réduisant la quantité d’ammoniac introduite dans la biomasse. “Cela a nécessité des ajustements pour assurer la qualité du produit, explique le responsable HSE. Mais cela a bien fonctionné. Nous avons considérablement réduit l’odeur. Et puis on s’assure aussi de ne pas stocker trop longtemps cette biomasse avant de la sécher. Il y a eu beaucoup de travail pour stabiliser les séchoirs afin d’éviter qu’ils ne tombent en panne et pour gérer la quantité stockée dans ces réservoirs sur une base horaire.“.

Selon Jérémy Domont, l’étude a montré que les fumées peuvent être transportées jusqu’à plusieurs kilomètres avec une fréquence relativement faible :mais quand c’est un tel épisode, si c’est samedi, en plein barbecue familial, c’est évidemment plus gênant… Cette démarche n’était pas obligatoire pour une entreprise comme la nôtre. Nous l’avons fait volontairement.

Cette étude a également permis de conclure que les personnes qui respirent ces odeurs ne prennent aucun risque et, grâce à un partenariat avec ATMO, de développer l’application ODO, encore utilisée aujourd’hui. Il permet à quiconque de signaler un harcèlement olfactif en temps réel.

Pour Jérémy Domont, les attentes de la population ont clairement évolué. “Nous avons constaté une évolution des attentes et des sensibilités des populations locales. L’endroit a été construit il y a plus de 45 ans. Ces procédés ont toujours existé et le problème des odeurs n’en faisait pas partie il y a quinze/dix ans. (…) Pour nous, cette question n’était pas budgétaire. Il fallait traiter le sujet.

L’actualité ne s’est pas arrêtée aujourd’hui, mais elle est moins fréquente : ” Nous ne prétendons pas être un site zéro odeur. Nous ne le ferons jamais. Mais nous les avons sensiblement réduits et il n’y a pas de danger pour la santé, c’est déjà rassurant» conclut le responsable, qui entend garder le contact avec les locaux en proposant prochainement de nouvelles visites de chantier.

Avec son équipe Picavet Gibraltar Leers, Nathalie Van Steirtegh a pu rencontrer des représentants du groupe Exeter, qui met en place un projet d’entrepôt à Leers, en bordure de la zone d’activités de Roubaix dans le nord. “Nous avons il écoutait plus ou moins. Ils ont expliqué qu’ils feraient de leur mieux pour réduire au minimum les interférences.“.

Mais pour tous ces habitants, qui impliquent des projets d’aménagement à proximité de chez eux, l’inquiétude demeure : “On nous avait promis un monticule surélevé concernant le harcèlement visuel. (…) En ce qui concerne les nuisances sonores, on nous a dit que le débit devait être contrôlé par un axe différent et qu’une enquête est prévue trois mois après la construction. S’il y a trop de bruit à ce moment-là, je ne sais pas quoi faire. (…) Quant au soleil que nous perdons, ce n’est tout simplement pas dans la loi. C’est incroyable, si ce n’est pas un problème juridique, alors nous ne nous en occupons pasIl se lamente Nathalie Van Steirteghem.

L’équipe a donc décidé de rester vigilante et d’attendre de savoir si le permis de construire avait été confirmé ou non avant de décider quoi faire. Comme des milliers d’autres personnes, cette résidente se battra pour garder son quotidien le plus discret possible, mais elle ne cache pas ses inquiétudes. Et enfin:Je reste inquiet car une chose est inévitable : la dévaluation de mon bien. Les inconvénients, je le saurai bientôt, mais la dévaluation sera une réalité une fois le permis de construire délivré.

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