Quels sont les facteurs qui expliquent l’infertilité qui touche aujourd’hui un couple sur cinq ?

“Le problème, c’est que l’infertilité touche deux partenaires et est toujours multifactorielle”, explique Nathalie Massin, responsable du Centre d’aide à la naissance… Est-ce le tabac, l’âge, des facteurs génétiques, des médicaments qui empêchent le couple d’avoir un enfant ? Ou est-ce que tout est mélangé et beaucoup d’autres facteurs ?

Dans tous les cas, l’infertilité est un problème qui touche de nombreux couples, même des jeunes, et de plus en plus. “On sent que ça empire”, avoue Stéphane Droupy, spécialiste de l’infertilité qui vient de publier Tout le monde n’est pas stérile demain ?*. Deux études ont montré qu’en France 18% des couples n’ont pas eu d’enfant après 12 mois sans contraception. En 2008, il était de 24 %. En l’honneur de la semaine de sensibilisation à l’infertilité, 20 minutes examine les causes profondes de ce problème.

C’est l’explication la plus claire. En effet, l’âge moyen d’une mère à la naissance de son premier enfant est passé de 24,7 ans en 1972 à 28,5 ans en 2017. Or, on sait que la probabilité de donner naissance à un enfant au cours d’un cycle menstruel est de 24 % pour une période de 25 ans. -femme d’un an. 12% en 35 et 5% en 40. De plus, l’homme possède aussi une horloge biologique, bien que ce fait soit moins connu et reste fertile plus tard. Mais même les jeunes couples de moins de 35 ans rencontrent la difficulté d’avoir une “housse de couette”, comme le montre notre article basé sur des témoignages.

Selon Stéphane Droupy, il y a urgence à sensibiliser à ce problème d’infertilité. “Les hommes ignorent absolument les facteurs d’infertilité, les femmes un peu plus. Mais la plupart des couples que je vois en consultation ne s’attendent pas à un tel diagnostic. Et répondez-moi, “Il n’y a pas de problème dans ma famille.” On s’en tenait à l’idée que la fécondité se transmettait de père en fils ’”

Si une petite partie de l’infertilité peut s’expliquer par des facteurs génétiques, de nombreux autres paramètres entrent en jeu, notamment la maladie. Lorsqu’un couple consulte pour des problèmes de fertilité, les médecins commencent les examens médicaux. Et il peut y avoir un certain nombre de conditions qui affectent la fertilité.

Du côté des femmes, on parle de plus en plus de l’endométriose, dont souffre une femme sur dix. Une autre maladie affecte la fertilité et touche une proportion égale de femmes : le syndrome des ovaires polykystiques. La moitié d’entre elles sont concernées par une ovulation irrégulière, rare ou inexistante.

Même du côté masculin, une observation attentive peut aider à vérifier qu’il n’y a pas d’anomalie dans les organes reproducteurs. La varicocèle, qui touche un tiers des hommes consultant l’infertilité, correspond à la présence de veines dilatées au-dessus du testicule. Stéphane Droupy suit donc le conseil : “le foie est difficile à sentir, les testicules ne le sont pas. On peut se rendre compte qu’il y a une astuce. Il faut donc consulter à temps, ce qui est toujours mieux pour gérer l’infertilité. »

“Nous savons à quel point certains traitements peuvent affecter la fertilité, en particulier la chimiothérapie”, a déclaré Nathalie Massin, médecin de la reproduction et présidente de la Société de médecine de la reproduction. Il y a aussi une obligation de trouver une solution de fertilité avant de proposer ce type de traitement à un jeune homme ou une jeune femme. “Mais d’autres traitements banals ont aussi leur effet, notamment les traitements pour prévenir la chute des cheveux dans certaines maladies rhumatismales”, poursuit le spécialiste.

Une étude de 2018 a montré que l’ibuprofène, un analgésique très courant, provoquait une baisse du taux de testostérone lorsqu’il était pris à fortes doses… Et une autre étude que le même effet anti-inflammatoire devrait in utero sur la fécondité des futures épouses.

  • Causes environnementales

Force est de constater que de nombreux couples ne rentrent pas dans ces cases. “Ce qu’on appelle aujourd’hui l’infertilité inexpliquée touche aujourd’hui 20% des couples infertiles en France”, souligne Nathalie Massin. Une explication qui n’a été donnée que depuis cinq ans est la baisse drastique de la qualité du sperme. En effet, en trente ans, le nombre moyen de spermatozoïdes est passé de 99 millions par millilitre de sperme… à 47 millions. Et ce n’est pas tout : la mobilité a également diminué de moitié. Un sujet qui inquiète également l’Organisation mondiale de la santé.

Comment expliquer cette chute ? “On voit de plus en plus de très mauvais spermatozoïdes et dans 90% des cas on n’arrive pas à en trouver la cause”, soupire le spécialiste. Qui ne nie pas que les perturbateurs endocriniens présents dans les aliments, les cosmétiques ou les emballages puissent être mis en évidence. Ces substances miment l’action des hormones, il semble donc logique que les fonctions de reproduction soient modifiées. In utero par exemple, ils peuvent être responsables d’un dysfonctionnement testiculaire. “Il est extrêmement difficile de prouver l’effet des perturbateurs endocriniens sur la fertilité humaine”, explique Stéphane Droupy. Elle voudrait une étude auprès de 10 000 personnes qui n’ont jamais été exposées à un quelconque perturbateur endocrinien et 10 000 qui y sont confrontées. Sauf que ces produits sont partout. Cependant, il existe des preuves chez les animaux. On se retrouve donc avec des fabricants fortement méfiants, indémontrables et facilement contestables. “Même topo pour la pollution.” Aucune étude ne peut garantir qu’il s’agit de la seule cause d’infertilité. Mais “une grande étude américaine montre que plus les gens vivent près d’une grosse artère très circulante, plus ils souffrent de problèmes d’infertilité”, précise Nathalie Massin.

Autres ennemis des ovaires et des testicules : le tabac et le chanvre. Des effets qui ont été démontrés pour une fois sur les hommes comme sur les deux partenaires. “Des études montrent que les embryons fumeurs se développent plus lentement que les embryons non-fumeurs et que les taux de fécondation sont plus faibles chez les fumeurs”, poursuit-il. “On sait maintenant que le tabac provoque encore plus d’altérations de la qualité du sperme et du cannabis”, ajoute Stéphane Droupy. Pourquoi? “Il y a des récepteurs aux cannabinoïdes dans le cerveau, mais aussi dans les testicules. Cela perturbera son fonctionnement. »

La nouveauté de Nathalie Massin concerne l’alimentation. “Une étude américaine a récemment montré que la consommation de sucre raffiné affecte le taux d’implantation d’embryons en FIV. Ce taux est donc porté à 25 % pour les personnes qui ne consomment pas de sucre raffiné, à 20 % pour celles qui en consomment 3 à 6 fois par semaine, et à 15 % pour celles qui en consomment plus de six fois par semaine. On perd 10%, c’est énorme et c’est la même part pour les fumeurs de cigarettes…”

Enfin, un facteur moins réfléchi peut affecter la circulation des spermatozoïdes : la chaleur. “Théoriquement, les testicules devraient fonctionner à 34°C. Si la température augmente, ils fonctionneront moins bien, poursuit l’urologue. Je vois une consultation avec des chefs qui passent leur vie avec leurs testicules à 42°C, ou des camionneurs assis 12 heures par jour… « Un problème qui touche aussi les personnes obèses car la graisse autour de leurs testicules fait monter leur température.

* Demain, tous infertiles ?, Première édition, octobre 2020, 16,95 €.

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