Quels sont nos organes les plus menacés par la canicule ?

La nouvelle canicule de cette semaine va faire grimper les températures en Espagne, dont la Catalogne, avec un pic attendu de 43 degrés à Lérida.

Ce n’est pas le premier de l’année et ce ne sera pas le dernier. Une nouvelle vague de chaleur frappera l’Espagne cette semaine, avec des températures bien supérieures aux moyennes saisonnières. La partie occidentale de la Catalogne devrait être particulièrement touchéeAgence météorologique espagnole.

Une nouvelle masse d’air chaud est arrivée sur l’Espagne depuis dimanche, qui sera présente au moins jusqu’à mercredi ou jeudi et fera monter le mercure dans de nombreuses régions.

En Catalogne, alors que les côtes de Barcelone et de Tarragone ne connaissent pas de températures beaucoup plus élevées que la normale, Gérone et surtout Lleida connaîtront des pics importants.

Lundi et mardi, la région sera chaude avec 28 degrés à Tarragone, 30 degrés à Barcelone, 35 à Gérone et jusqu’à 39 degrés à Lérida. Le mercure devrait remonter en milieu de semaine, avec Lleida jusqu’à 43 degrés mercredi et 36 à Gérone, tandis que Barcelone et Tarragone resteront autour de 30 degrés. Enfin, jeudi, la température à Barcelone pourrait encore monter à 33 degrés et à Gérone à 39 degrés, selon les prévisions de l’agence météorologique.

Comment le corps humain fait-il face à ces chaleurs extrêmes ? Pourquoi sont-ils si dangereux ? Lequel de nos organes est le plus affecté par la hausse des températures et quand est-ce qu’elle baisse ?

Rester frais

La température du corps humain est généralement comprise entre 36 et 38°C. Des réactions biochimiques peuvent normalement avoir lieu dans cette plage, condition sine qua non pour le bon fonctionnement de nos cellules et organes. Pour que le corps humain s’adapte aux changements de l’environnement qui pourraient le faire sortir de cette zone de confort, par exemple lors d’une canicule, il est bien équipé.

Des changements anormaux de la température corporelle déclenchent une réponse physiologique dans notre corps. Cela vise à ramener notre température interne à des niveaux plus normaux. Cette thermorégulation peut être comparée à un thermostat domestique : si la température s’écarte trop de la température de consigne, le système de chauffage ou de climatisation commence à revenir à la température souhaitée.

Dans le corps humain, ce thermostat est situé à la base du cerveau, dans une zone appelée l’hypothalamus. Ici, les informations fournies par les capteurs de température situés dans nos organes périphériques, tels que la peau ou les muscles, sont intégrées et traitées, et déclenchent une réponse physiologique si nécessaire.

Une fois la réaction déclenchée, la première (et la plus importante) réaction physiologique est la production de sueur. En s’évaporant, il aide à dissiper la chaleur au niveau de la peau et des membres du corps (mains, pieds).

Ce système est très efficace pour refroidir le corps, mais en cas de chaleur extrême, il peut nécessiter jusqu’à 2 litres d’eau par heure. Pour cette raison, comme nous le verrons plus loin, le corps gère au mieux l’eau à haute température et la recycle au maximum.

Or, pour maintenir les capacités thermorégulatrices de notre organisme, il est nécessaire de boire pour reconstituer le réservoir. Si nous ne buvons pas assez, nous risquons un manque d’eau, et donc une perte de capacité à transpirer et à nous refroidir, ce qui peut entraîner une surchauffe de nos organes. En buvant, nous absorbons également les électrolytes et les sels nécessaires au maintien du pH du sang et au bon fonctionnement de nos cellules.

Du cerveau aux reins

Pour comprendre ce qui peut mal tourner avec les brûlures d’estomac, regardons comment les réactions thermorégulatrices affectent le fonctionnement de nos différents organes et comment elles réagissent aux températures extrêmes.

Le système cardiovasculaire est l’un des premiers touchés. Pour transpirer, le flux sanguin doit se déplacer des organes centraux vers les organes périphériques afin qu’il puisse s’y refroidir. Une des conséquences visibles est que les personnes qui souffrent de la chaleur rougissent souvent. La perte d’eau par la transpiration et la redistribution du flux sanguin provoquent une chute de la pression artérielle. Dans un effort pour compenser le maintien du flux sanguin vers les organes vitaux, le cœur bat plus vite.

Une huile puissante à Barcelone

Si la redistribution du flux sanguin s’accompagne d’une trop grande perte d’eau, la tension artérielle chute dangereusement, ce qui peut provoquer des évanouissements, signes de coups de soleil. Si elle n’est pas traitée, cette baisse de la pression artérielle peut entraîner une insuffisance cardiaque dans les cas les plus graves.

Le cerveau est un autre organe vital qui souffre de stress par temps chaud. Une augmentation de la température perturbe la communication entre les cellules nerveuses et peut même les endommager ou même les faire mourir. La chaleur affecte la structure de l’ADN et des protéines, ainsi que l’intégrité des membranes cellulaires.

La déshydratation provoque également un déséquilibre électrolytique qui peut perturber la communication entre les cellules nerveuses et les cellules musculaires. Plus la surchauffe dure longtemps, plus les conséquences peuvent être graves. Les voies cognitives peuvent être dérégulées, ce qui peut entraîner des changements émotionnels tels qu’une anxiété accrue, des maux de tête, une altération du jugement, etc.

Il est à noter que le cerveau est considérablement refroidi par le système respiratoire. Lorsqu’il est surchauffé, le corps augmente la fréquence respiratoire, refroidissant ainsi le sang circulant vers et depuis le cerveau par le biais de mécanismes de refroidissement de surface et d’échange de chaleur. Ce système peut littéralement être considéré comme une climatisation naturelle. Cependant, il a un effet négatif : il augmente le pH du sang en raison d’une diminution de la pression en CO.2qui pourraient compromettre les fonctions cellulaires d’autres organes.

Autre organe important qui reçoit moins de sang par temps chaud du fait de sa redistribution à la périphérie du corps : l’intestin. Cette perte l’empêche de fonctionner correctement et dans les cas extrêmes provoque des nausées et des vomissements.

Enfin, la perte d’eau et de sel par la transpiration affecte également les voies urinaires. Grâce à une hormone spécifique produite par le cerveau (hormone antidiurétique), la résorption de l’eau et des sels est stimulée pour compenser la perte de tension artérielle dans le système cardiovasculaire.

Par conséquent, nos reins produisent de moins en moins d’urine. Ceci est concentré, ce qui se reflète dans sa couleur plus brune. Nous allons moins souvent aux toilettes ; Lorsque les périodes de températures élevées se prolongent et que vous êtes déshydraté, le tissu rénal peut être endommagé et les reins cesseront de fonctionner correctement.

Un système qui a ses limites

Le système de thermorégulation de notre corps, qui nous permet de faire face à des conditions thermiques extrêmes, est particulièrement bien adapté. En plus de la réaction physiologique, la chaleur déclenche également une réaction comportementale. À mesure que la température monte, notre soif augmente et nous avons tendance à rechercher des endroits plus frais et plus confortables.

Cependant, en cas de canicule, notre corps est exposé à un stress intense et sa thermorégulation peut atteindre ses limites. Les températures corporelles supérieures à 40°C poussent le système dans ses retranchements, voire au-delà de sa capacité à s’auto-guérir. Dans ce cas, le risque de perdre le contrôle de la régulation thermique est réel, ce qui peut mettre en péril le fonctionnement des organes.

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L’organe le plus vulnérable à cet égard est probablement le cerveau. Les coups de soleil et la déshydratation associée provoquent une réponse inflammatoire systémique qui entraîne des lésions cérébrales irréversibles et même la mort si elles ne sont pas effectuées trop rapidement.

Écoutez votre corps

Les personnes qui désobéissent à leur corps, ne boivent pas d’eau et négligent les conseils des autorités sanitaires pendant la chaleur, amènent leur corps aux limites de la physiologie humaine. Ils risquent de s’épuiser ou de se brûler, ce qui peut avoir des conséquences potentiellement mortelles en cas de défaillance de plusieurs organes.

Il en va de même pour les personnes à risque, comme les personnes âgées et les patients ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires. Les personnes âgées peuvent également être moins conscientes des dangers de la chaleur car leurs capteurs de chaleur fonctionnent moins bien que les capteurs des personnes plus jeunes.

Les bébés et les tout-petits, quant à eux, dépendent de la vigilance de leurs parents, qui doivent veiller à prendre les mesures nécessaires pour les protéger.

Enfin, il est important de limiter la consommation de boissons contenant de l’alcool ou de la caféine, car ces substances ont elles-mêmes des effets déshydratants.

Au final, le conseil à retenir est simple : boire de l’eau, se rafraîchir de temps en temps, éviter les températures les plus élevées et suivre les recommandations des autorités. Et, bien sûr, prendre soin des plus vulnérables lors de ces épisodes exceptionnels.Conversation

Pieter Vancamp, chercheur postdoctoral, Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN)

Cet article est republié de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article d’origine.

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