TOULON : « Prendre en compte le genre et le genre pour mieux soigner est un enjeu de santé publique !

A l’occasion de la journée des droits des femmes, le 8 mars 2022, une prise de vue du Dr Moun Pantel El Omri, médecin urgentiste et agent des violences faites aux femmes aux urgences de Toulon.

Journée des droits des femmes 8 mars 2022

L’intégration du genre dans la santé a un impact majeur sur les connaissances scientifiques, les soins médicaux, le traitement, la prévention et l’optimisation des coûts de santé. Par conséquent, garantir les droits des femmes signifie reconnaître qu’elles ont des besoins spécifiques en matière de santé. »

Les maladies cardiovasculaires sont un exemple typique de l’impact des représentations sociales féminines et masculines sur les pratiques et attitudes médicales des patients. Alors que les maladies cardiovasculaires sont classiquement associées aux hommes, elles sont la première cause de décès chez les femmes et tuent 6 fois plus que le cancer du sein. Lors d’un événement cardiovasculaire, le risque d’évolution défavorable ou même de décès chez les femmes est environ deux fois plus élevé que chez les hommes.
L’infarctus du myocarde est encore sous-diagnostiqué chez la femme. Les femmes ont tendance à négliger leurs symptômes, qui peuvent parfois être trompeurs et liés au stress ou à la fatigue. Près de la moitié des femmes de moins de 60 ans qui ont subi un infarctus du myocarde n’ont pas ressenti les symptômes classiques observés chez les hommes. Les signes qui doivent alerter les femmes présentant au moins un facteur de risque (tabac, diabète, hypertension, etc.) sont des symptômes atypiques tels que sensation d’épuisement, essoufflement à l’effort, nausées. Cette méconnaissance entraîne des retards de diagnostic et de prise en charge thérapeutique ultérieure. Sans compter que les femmes ont moins recours à la rééducation après un infarctus.
Les femmes sont également sous-représentées dans les essais cliniques. L’utilisation de l’indice SCORE recommandé par la Haute Autorité de Santé pour évaluer le risque cardiovasculaire en prévention conduit donc à une sous-estimation du risque chez les femmes, la cohorte ayant permis de valider cet outil comprenant très peu de femmes.
Un autre exemple de l’impact du genre sur la santé concerne la santé mentale. Les troubles dépressifs et alimentaires sont ainsi plus fréquents chez les femmes car elles sont plus exposées que les hommes aux inégalités économiques et sociales (précarité, violence).
Les femmes victimes de violences sont également en moins bonne santé que les hommes dans la même situation car elles sont confrontées à diverses formes de violences (menaces, agressions verbales) tout au long de leur vie et dans différentes sphères de leur vie (infrarouge, conjugale, professionnelle, etc. .), violences physiques et sexuelles). Ce continuum de violence n’est pas observé chez les hommes.
L’intégration du genre dans la santé a un impact majeur sur les connaissances scientifiques, les soins médicaux, le traitement, la prévention et l’optimisation des coûts de santé. Par conséquent, garantir les droits des femmes signifie reconnaître qu’elles ont des besoins spécifiques en matière de santé.

Les références:

1) « Le gender mainstreaming pour une meilleure prise en charge : un problème de santé publique »,
HCE, Rapport n° 2020-11-04 Santé 45 voté le 4 novembre 2020
2) Brochure sur le cœur des femmes, www.fedecardio.org, 01/2022
3) Genre, genre et santé, HAS, Rapport d’analyse prospective 2020
4) Enquête Violences et rapports de genre (dite « Virage »), Ined, 2015

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