Tout ce que vous devez savoir sur la ménopause

Parce que les tabous sont nocifs pour la santé, voici ce qu’il faut savoir sur cette phase physiologique naturelle de la vie de chaque femme.

Ne commençons pas un puzzle : la moitié de l’humanité y est confrontée, mais presque personne n’en parle. qu’est-ce que la ménopause. Selon un récent sondage (Kantar 2019), 81% des Français n’en parlent pas ou peu. Seule une femme ménopausée ou pré-ménopausée sur deux en a discuté avec son partenaire. Comment expliquer ce non-dit ? Les femmes interrogées ont déclaré que “c’est un sujet douloureux auquel on ne veut pas penser”, que “les symptômes ne sont pas facilement identifiables” et que c’est un “tabou”. Voici dix bonnes raisons de briser le silence.

Ce n’est pas une maladie

La ménopause est une phase physiologique naturelle de la vie de chaque femme. grec je ne (règles) et pause (fin), indique le moment où l’ovaire cesse de produire des hormones sexuelles féminines (œstrogène et progestérone) et des ovules. C’est la fin du cycle menstruel, des règles et de la fertilité. Mais ce n’est pas la fin de la féminité ni le début de la vieillesse. Jugez plutôt : en 2019 en France, une femme de 60 ans peut encore espérer vivre en moyenne 27,8 ans. Celle qui est actuellement en ménopause a plus de 35 ans d’avance sur elle. Une belle tranche de vie !

Cela n’arrivera pas du jour au lendemain

Elle survient naturellement entre 45 et 55 ans chez 90 % des femmes, le plus souvent entre 48 et 52 ans, selon le Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal (Gemvi). Elle est confirmée lorsque l’absence de règles dure un an. Des signes annonciateurs apparaissent deux à trois ans avant : les cycles sont irréguliers, ils se raccourcissent puis s’allongent. Des symptômes peuvent apparaître, la production d’oestrogènes crée des montagnes russes : bouffées de chaleur, sautes d’humeur, douleurs thoraciques… Certaines femmes vivent sans s’en rendre compte, une période avant la fin des règles, appelée préménopause ou périménopause. La ménopause est dite “tardive” lorsqu’elle survient après 55 ans et “précoce” avant 40 ans. Lorsque l’ovaire cesse de fonctionner trop tôt, on parle d’insuffisance ovarienne prématurée. Ce dysfonctionnement, souvent associé à une prédisposition génétique ou à une maladie auto-immune, nécessite un traitement. La génétique est un déterminant majeur de l’âge de la ménopause, tout comme les femmes d’une même famille. La date de la première menstruation, l’utilisation de la contraception ou le nombre de grossesses n’ont aucun effet sur sa survenue. Par conséquent, nous ne pouvons pas agir pour le retarder. D’un autre côté, fumer peut aller plus loin.

Chacun le vit différemment

“Pas une seule, mais des femmes.” Certaines survivent très bien à la ménopause. Ils ne voulaient plus d’enfants”, a déclaré la psychanalyste Catherine Grangeard, auteur du livre. Il n’y a pas d’âge qui peut être apprécié (éd. Larousse, 2020). Fini les menstruations, les maux de tête liés à la contraception et la peur de tomber enceinte ! Se débarrasser de l’inconfort et de la douleur des règles est le premier bénéfice, selon un sondage de Kantar : 85% des femmes (péri)ménopausées déclarent bien vivre cette étape de leur vie. Mais pour d’autres, c’est une période délicate. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Ils se sentent vieux et tristes », explique le psychanalyste. Parfois, il y en a d’autres derrière les difficultés liées à la ménopause : départ des enfants, ennui dans un couple, parents vieillissants, problèmes professionnels…

Les symptômes sont parfois gênants, mais pas systématiques

Certaines femmes traversent la ménopause sans le moindre symptôme, mais la plupart souffrent de “troubles de la ménopause”. Ils expliquent le manque d’oestrogène auquel le corps doit s’habituer. On ne sait pas pourquoi les femmes sont affectées de diverses manières. Les symptômes les plus fréquents sont les bouffées de chaleur : ces courtes sensations de chaleur intense apparaissent souvent sur le visage ou le cou, de jour comme de nuit. Il s’agit d’une perturbation du thermostat interne du corps, situé dans l’hypothalamus, due à des changements hormonaux. 50 à 80 % des femmes connaissent des épisodes plus ou moins intenses et fréquents, mais toutes ne se plaignent pas. D’autres symptômes sont fréquents : sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, cutanée, baisse du moral, douleurs articulaires, insomnie… Mais ce n’est pas systématique : selon une étude américaine (2015), 16 % des femmes ont des troubles de l’humeur, 37 % ont des troubles de l’humeur. sommeil, 42 % problèmes sexuels et 5 % les trois à la fois.

Il n’y a pas de remède miracle

41% des Français ont recours aux soins naturels (Ipsos 2019). En ce qui concerne la ménopause, il existe plusieurs moyens de se débarrasser des bouffées de chaleur sur Internet. En plus des suppléments de soja, de trèfle rouge ou de framboise noire, qui atténueraient l’inconfort de l’époque dû à la teneur en phytoestrogènes (molécules proches des œstrogènes). Cependant, les preuves à l’appui de ces avantages font défaut et ne sont pas recommandées pour les femmes qui ont eu un cancer du sein en raison de la présence d’hormones. Globalement, aucune alternative thérapeutique (homéopathie, phytothérapie…) ne se démarque : leur efficacité n’est pas supérieure à celle du placebo. Cependant, le placebo peut fonctionner, notamment dans les bouffées de chaleur : il améliore les symptômes dans 30 à 50 % des cas. “On peut tester la cure à base de plantes, mais on ne peut pas rester plus de trois mois si ça n’a aucun effet”, conseille Brigitte Letombe, gynécologue médicale et membre du Gemvi. Et mieux vaut en parler avec son médecin, car l’utilisation des plantes peut provoquer des effets secondaires et provoquer des interactions médicamenteuses. Du côté des médecines alternatives, l’hypnose et le yoga seraient efficaces pour atténuer les bouffées de chaleur, selon les dernières recommandations (2021) du Gemvi et du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

Un examen médical est recommandé

Si la ménopause n’est pas une maladie, les changements hormonaux qu’elle provoque peuvent affecter la santé. En effet, les oestrogènes jouent un rôle important dans le métabolisme, le système cardiovasculaire, le squelette… “Un examen médical à 50 ans permet d’évaluer les risques pour les os et le coeur… C’est essentiel pour la santé des femmes”, insiste Brigitte. . Letombe. La carence en œstrogène accélère la perte osseuse et augmente le risque d’ostéoporose. La maladie touche 40 % des femmes de 65 ans : le squelette devient moins ferme, le risque de fractures (poignets, vertèbres, fémurs…) augmente. Lors de la consultation, le médecin évaluera la situation et, si nécessaire, proposera des examens pour mesurer la densité osseuse, l’ostéodensitométrie. Et, si nécessaire, un traitement avec des bisphosphonates qui inhibent les cellules destructrices osseuses peut être proposé. De plus, le test sanguin peut être utilisé pour vérifier le taux de cholestérol, de triglycérides, de glucose, etc. Le rôle protecteur des œstrogènes sur le métabolisme et les vaisseaux sanguins disparaissant à la ménopause, les femmes deviennent plus sujettes à l’athérosclérose (dépôts de graisse sur les parois des artères), ce qui augmente le risque d’angine de poitrine et de crise cardiaque. Il est donc important de dépister les facteurs de risque : sédentarité, hérédité, cholestérol, surpoids, hypertension, etc.

Les problèmes génito-urinaires se soignent très bien

La bonne nouvelle est que la carence en œstrogène n’a pas d’effet direct sur le désir sexuel. “Une baisse de libido peut survenir à tout moment de votre vie”, explique Brigitte Letombe. Cela dépend de votre équilibre personnel, de votre santé, de votre relation aux autres… « La façon dont vous vivez la ménopause associée à d’autres éléments (usure du couple, vieillissement…) peut réduire l’appétit sexuel. De plus, l’absence d’oestrogènes perturbe le fonctionnement des organes génitaux et urinaires. Le symptôme le plus courant est la sécheresse du vagin, qui peut provoquer des douleurs pendant les rapports sexuels. Elle affecte toutes les autres femmes en ménopause (Gemvi). La flore vaginale peut également être déséquilibrée durant cette période et devenir la cible d’une infection bactérienne provoquant un écoulement nauséabond. “Les femmes n’osent pas en parler, même si cela se soigne bien avec un traitement local et sans risque d’oestrogène”, poursuit la gynécologue. Ces remèdes traitent également les problèmes urinaires liés à la ménopause : irritations, infections, fringales urgentes…

Non, nous n’avons pas besoin d’être gros

Une femme prend dix kilos entre 20 et 55 ans, mais pas particulièrement à la ménopause. La principale raison est une diminution de l’activité physique. De plus, à partir de 30 ans, la composition du corps change chez la femme comme chez l’homme : la masse musculaire (muscles, organes, etc.) diminue, tandis que la masse grasse augmente. D’autre part, la répartition des graisses dans le corps se caractérise par une modification de la ménopause. Avant 50 ans, les cellules graisseuses s’accumulent au niveau des cuisses, des fesses et des hanches, ce qui n’est pas nocif pour la santé. “Mais à la ménopause, à cause d’une baisse des œstrogènes, il s’installe dans l’abdomen comme chez les hommes.” Les femmes se sentent grosses en prenant du poids », analyse Jean-Michel Lecerf, nutritionniste, spécialiste en endocrinologie et maladies métaboliques, chef du service nutrition et activité physique à l’Institut Pasteur de Lille. Lorsque cette graisse pénètre entre les intestins, le risque de maladie cardiovasculaire augmente.

L’importance d’une activité physique régulière…

Un mode de vie sain vous permettra de donner toutes les chances à vos côtés. Cela commence par arrêter de fumer et réduire la consommation d’alcool. Le tabac, par exemple, attaque le capital osseux. Ensuite, il faut maintenir une activité physique régulière : marcher, nager, faire du vélo, jardiner, monter des escaliers… Santé publique France recommande à tous les adultes de passer moins de temps assis et de pratiquer au moins trente minutes d’activités dynamiques par jour, avec renforcement musculaire, flexibilité et exercices d’équilibre deux fois par semaine. Cette activité physique prévient les maladies cardiovasculaires, les chutes et favorise le bien-être.

… et bien manger

Il y a aussi la prévention dans l’assiette. Bien qu’un facteur génétique domine les maladies osseuses, mieux vaut veiller à un apport suffisant en protéines (viande, poisson, œufs, etc.), en calcium (au moins trois produits laitiers par jour, on préfère le yaourt) et à une exposition régulière au soleil. synthétiser la vitamine D. Dans la prévention des maladies cardiovasculaires, « le régime méditerranéen a fait ses preuves : une alimentation riche en fruits et légumes, céréales complètes, légumineuses, huile d’olive et fruits à coque, avec un peu de viande blanche, de poisson et d’œufs », conseille le Dr . Lecerf. Il est idéal pour manger un peu de tout, en évitant les excès de sel, de sucre et les aliments ultra-transformés. Bref, rien de plus que d’autres moments de la vie.

On en parle sur les réseaux sociaux

Les langues sont détendues, et c’est très bien. Groupe Facebook « Et vous, comment se passe votre ménopause ?? suggère d’en parler avec une “blague” ; « Vous en avez assez de la ménopause ! « Echange sur la souffrance, mais surtout sur la drogue… Aussi sur Instagram les femmes parlent de la ménopause sans tabou, avec des comptes comme @menopause.stories by Sophie Kune : « des conversations débridées pour une ménopause illimitée ».

EN SAVOIR PLUS

livres

> Ménopause sans tabou. C’est moi ou c’est chaud ?, Caroline Michel, éd. Leduc S., 2019. Guide complet et amusant.

application

> Omena, une application conçue par des professionnels de santé (informations, conseils, forum…), gratuite jusqu’en avril. Disponible sur App Store et Google Play.

Ecoutez

> La ménopause pour tous, Perrine Kervran (2021). Cette série documentaire en quatre épisodes, proposée par le programme LSD, est disponible sur les plateformes et podcasts de France Culture.

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