Voyager en avion : quels risques pour ma santé ?

Vous avez régulièrement la tête dans les nuages ​​et vous craignez les éventuelles conséquences sur votre santé ? Nous équilibrons avec le Dr. Emmanuel Pierantoni, pilote et examinateur aéromédical.

Quels sont les désagréments les plus courants lors d’un voyage en avion ?

En vol, les effets néfastes de la dépression barométrique sont limités par la pressurisation cabine :altitude maintenue artificiellementdans l’installation équivaut approximativement à 2 500 mètres“, souligne le Dr Pierantoni. Les conséquences de l’hypoxie (diminution de la disponibilité en oxygène) sont donc minimes, mais peuvent être plus prononcées chez les fumeurs ou les personnes atteintes d’une maladie cardiaque ou pulmonaire sous-jacente.

Douleurs aux oreilles et aux sinus

Les fluctuations de pression lors du décollage ou de l’atterrissage peuvent parfois provoquer des douleurs aux sinus ou aux oreilles. “Très vite, vous passez du sol à 2500 mètres d’altitude ou vice versa. restrictions dans le conduit auditif, notamment au niveau de la trompe d’Eustache, qui assure la communication entre l’oreille moyenne et la bouche », explique l’aéro-médecin légiste. Il est d’autant plus facile de le bloquer si une personne souffre d’infections ORL (rhume, sinusite, grippe, etc.). Une fois obstrué, il ne peut plus réguler les pressions et les gaz sont isolés à l’intérieur des cavités de l’oreille moyenne ou des sinus. presser le tympan causant des douleurs dans l’oreille“, il continue. sentir une oreille bouchée c’est aussi systématique. Le même processus peut s’appliquer aux cavités : lorsque cette cavité est colmatée, l’air se dilate et augmente de volume, provoquant douleur des sinus.

Plusieurs solutions peuvent être utilisées pour corriger ce phénomène :

  • avaler,
  • bâiller,
  • Mâcher un chewing-gum,
  • forcer à expirer en se pinçant le nez (manœuvre de Valsalva).

Qu’est-ce que l’otite barotraumatique ?

Ils peuvent provoquer des changements de pression dommages aux tissus de l’oreille. “Mais l’otite barotraumatique ne survient qu’à la descente de l’avion (car alors les gaz se dilatent)”, explique le médecin.

Gaz et ballonnements

La pression atmosphérique peut également entraîner une augmentation de la production gaz digestifsce qui provoque des malaises et des flatulences. Il s’agit là encore d’une détente des gaz présents dans le tube digestif en lien avec la dépressurisation de la cabine et la consommation de boissons gazeuses et d’aliments fermentescibles (légumineuses, produits laitiers, choux, poivrons, etc.).

Bouche et voies respiratoires sèches

La climatisation peut aussi être un problème : “l’humidité dans la cabine est très faible. C’est pourquoi nous insistons sur l’hydratation des passagers », note le Dr Pierantoni. Un système de climatisation peut effectivement provoquer une déshydratation et sensation de sécheresse dans les yeux, le nez et la bouche.

Troubles circulatoires

Une longue position assise au repos augmente le risque de problèmes circulatoires. “Les passagers peuvent au moins se retrouver avec des chevilles ou jambes légèrement “enflées”. Mais les personnes qui souffrent déjà d’insuffisance veineuse risquent de développer marché – pathologie boembolique (liée à la formation d’un caillot), notamment une phlébite, voire une embolie pulmonaire”, prévient l’expert.

Pour les prévenir, misez sur bas de compression “Très efficace” et, si possible, n’hésitez pas à vous dégourdir les jambes ou à mobiliser vos chevilles et vos mollets (contractions, massages, etc.).

Pourquoi est-il préférable d’enlever les lentilles de contact ?

Il est préférable de choisir des lunettes avant les lentilles de contact, surtout si vous embarquez sur de longues distances. Car? Une faible humidité peut causer sécheresse et irritation de la cornée. De plus, en cas de déshydratation, les larmoiements sont réduits et contribuent à la sécheresse oculaire.

Cependant, si vous souhaitez conserver vos lentilles, n’oubliez pas d’en glisser un peu sérum physiologique dans les bagages à main, pour mouiller les yeux et les lentilles de contact.

Quelles précautions si vous portez des aides auditives ?

“Selon mes informations, il n’existe pas pas de contre-indications au port d’un appareil auditif en avion“Dit le Dr. Pierantoni. Ces dispositifs sont même nécessaires pour que vous ne manquiez aucune information pendant le vol.

Ne vous inquiétez pas : la pression dans la cabine ne les endommagera pas et “il est peu probable qu’ils provoquent des interférences électriques”. Cependant, pour éviter d’amplifier le bruit du moteur lors du décollage et de l’atterrissage, vous pouvez régler leur volume, ou éteignez-les en attendant qu’ils reviennent à la normale.

Boire de l’alcool dans un avion… Mauvaise idée !

L’alcool aggrave la déshydratation. “Cela risque même une augmentation des effets secondaires de l’alcool et une augmentation des maux de tête”, prévient l’aéro-médecin légiste. La déshydratation augmente la quantité d’alcool qui pénètre dans notre circulation sanguine, multipliant ainsi ses effets. Se sentir ivreil peut également être amélioré par la plus faible quantité d’oxygène disponible. Une perspective malheureuse pour vos collègues hôtesses de l’air.

Quelles sont les contre-indications du voyage en avion ?

“Les contre-indications sont toujours relatives et nécessitent, au cas par cas, l’avis d’un professionnel de santé”, insiste le Dr. Pierantoni. L’Organisation mondiale de la santé identifie plusieurs situations potentiellement « à risque » (Source 1). Recommande fortement les voyages en avion pour :

  • et nouveau-nés moins d’une semaine (sauf motif impérieux, après avis d’un médecin) ;
  • et femme enceinte à quatre semaines de naissance (huit semaines en cas de grossesses multiples) ;
  • femmes qui ont accouché il y a moins de sept jours
  • et les personnes ayant de graves problèmes respiratoires (par exemple insuffisance respiratoire ou pneumothorax). “Cependant, il est possible de voyager avec une bouteille d’oxygène médical adaptée si vous avez prévenu la compagnie au préalable”, souligne le médecin.

Il faut également assurer une vigilance accrue :

  • les personnes susceptibles de se présenter augmentation de la pression intracrânienne (lié à un saignement, un traumatisme ou une infection);
  • les personnes qui ont subi récemment certaines opérations chirurgicalesen particulier dans le système digestif, le cerveau ou les yeux ;
  • les personnes qui ont récemment souffert troubles psychiatriques ;
  • personnes atteintes de drépanocytose.

Un cas particulier des plongeurs

Pour éviter un maladie de décompression, nous recommandons fortement aux plongeurs de ne pas voler dans les 24 heures suivant la dernière plongée. Lorsque vous plongez, l’air inhalé sous pression crée de petites bulles de gaz dans votre corps, qui finissent par disparaître d’elles-mêmes. Si vous montez en altitude sans respecter le temps minimum à basse altitude, les bulles non encore dissoutes peuvent augmenter de volume et vous exposer à un risque soudain d’accident de décompression. “Plonger le matin et voler l’après-midi sont potentiellement dangereux, Cela peut provoquer un accident vasculaire cérébral ou même une crise cardiaque” met en garde le Dr. Pierantoni.

Si vous n’êtes pas sûr de votre santé, n’hésitez pas à contacter le service médical de votre compagnie aérienne se renseigner sur les conditions de vol et convenir d’aménagements particuliers, si nécessaire.

Le capitaine a toujours le dernier mot !

À la fin, la décision de débarquer ou de ne pas débarquer revient toujours au capitaine. S’il croit que le passager est dans condition physique ou mentale altéréeet pouvant mettre en danger la sécurité ou le bon déroulement du vol, peut, à sa discrétion, décider de laisser la personne au sol.

Trop voler, est-ce nocif pour la santé ?

Trop de temps dans les airs peut-il causer d’autres problèmes de santé ? “Je n’ai connaissance d’aucune donnée qui indiquerait un risque accru de pathologie pour les passagers”, répond le spécialiste. Et de poursuivre : « Je ne vois pas de risque particulier à voler fréquemment, sauf en cas de problèmes de santé gravesdiscuté ci-dessus.

Conséquences du “Jet lag”

Les méfaits du décalage horaire ne doivent pas être confondus avec les conséquences d’un vol court, moyen ou long.

Fatigue, somnolence, irritabilité, troubles du sommeil ou de la concentration, indigestion, voire retard des menstruations… Ces problèmes ne sont pas liés au vol lui-même, mais au changement de fuseau horaire !

En cas d’anxiété ou de phobie, il existe des solutions !

N’est-il pas possible pour vous d’embarquer dans l’avion sans soucis ? A-t-il envie de vomir à la moindre commotion cérébrale ? Votre expérience passée vous hante toujours et vous empêche de sauter ? Tu n’es pas seul! Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), près de 20% voyageurs se sentent plus ou moins anxieux et effrayés à l’idée d’embarquer dans un avion. Entre eux, 4% déclarent même avoir une phobie spécifique, ce qui rend l’idée de voler inimaginable. Certains passagers, tout à fait à l’aise à l’embarquement, peuvent être atteints de claustrophobie pendant le vol…

Pour vaincre cette peur de l’avion, certaines compagnies aériennes ont mis en place des programmes de « familiarisation au vol ». Les particuliers peuvent aussi faire appel à un thérapeute, à la réalité virtuelle, à l’hypnose ou encore à la sophrologie et à la méditation pour s’en débarrasser.

Quand un avion peut-il être détourné pour des raisons de santé ?

Les naissances et les décès à l’extérieur font généralement la une des journaux, mais la plupart des incidents restent bénins. Selon les statistiques d’Air France, sur 1 500 vols moyen et long-courriers quotidiens, seulement une trentaine sont détournés chaque année pour des raisons de santé.

Cependant, la question du détournement peut se poser à moyenne et longue distance, lorsque l’état du passager nécessite des soins urgents et spécifiques. En fonction de l’état du patient et de données extérieures (météo, risque d’atterrissage sur un aéroport particulier, traitement éventuel du patient sur place, etc.), le commandant de bord décide toujours (ou non) d’ajuster la trajectoire.

Les hôtesses de l’air sont formées aux premiers secours

Les hôtesses et les stewards reçoivent une formation aux premiers secours : ils doivent certificat de sécurité et de sauvetage. “En cas d’inconfort des passagers, ils procéderont à un premier interrogatoire pour évaluer la situation”, explique le Dr. Pierantoni. Ils ont également la possibilité demander conseil à un médecin connecté au service de santé de l’entreprise. Enfin ils peuvent consulter un médecin si nécessaire ou du personnel compétent à bord de l’aéronef ».

Des trousses de secours sont également disponibles à bord de chaque avion : trousse de premiers secoursapplicable au personnel aéronautique (dont pansements, kit de réanimation jetable, médicaments « indispensables » pour maux de ventre, vomissements, diarrhée…) et trousse médicale d’urgence (contenant tensiomètre, stéthoscope, seringues, tourniquets et médicaments sur ordonnance tels que vasodilatateurs, antispasmodiques, dilatateurs bronchiques, anticonvulsivants, antihistaminiques, etc.). Veuillez noter : les médecins personnels doivent démontrer leurs compétences médicales.

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